02 juin 2010

45. Dernier week-end kiwi (sortez vos mouchoirs)

Oui, vous avez bien lu. Au lieu de prendre un vol direct Sydney-Hong Kong, nous avons dû repasser par la case Nouvelle-Zélande. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?
Il faut demander à STA Travel, l'agence qui nous a vendu notre « round the world ticket ». J'ai fini par comprendre le pourquoi du comment mais c'est absolument inintéressant et ne mérite pas d'être relaté ici.
Enfin... ce petit rallongement d'itinéraire nous a permis de faire nos adieux à notre Nouvelle-Zélande chérie et d'aller embêter une fois de plus notre hôte aucklandais, Chris, qui nous a accueillies (une fois de plus) comme des reines, faisant chauffer son four à bois (qu'il a construit lui-même en 3 week-ends) pour nous faire mijoter un rôti d'agneau et du poulet avec les fameuses kumara (patates douces).


un délice

De ce week-end, j'ai retenu 2 leçons élémentaires:
1) Ne plus jamais oublier de répondre aux mails de Chris qui propose différentes activités pour le WE, sachant que ce dernier part du principe de «qui ne dit mot consent ».
2) Avant de dire qu'on aimerait faire telle activité, toujours s'informer sur sa définition exacte: ne pas croire, être SÛR(E).
Nous avions dit à ce dernier, à la fin de notre périple kiwi, à quel point nous étions déçues de ne pas avoir pu voir les vers luisants de Ti Anau (inondations, souvenez-vous) et de ne pas avoir eu le temps de faire du rafting.
Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. « Black water rafting in a glowworm cave » »: voilà l'intitulé très prometteur de l'activité que Chris avait réservée pour le samedi.
Moins prometteuse, déjà, l'heure du lever: 7h du mat, sachant qu'avec le décalage horaire, ça équivalait à 5h en Australie.
Pendant les 2 heures de trajet pour Waitomo(2 heures au sud-est d'Auckland), Chris n'a cessé de nous répéter « You will be cold », en alternance avec « You will be wet » et « You will hate me ». Je ne suis pas de nature violente, mais je peux vous affirmer que ce matin-là, j'ai eu des envies de meurtre. J'ai failli passer à l'acte lorsqu'en arrivant, on nous a fait enfiler des wetsuits encore délicieusement mouillés alors qu'il ne faisait qu'une douzaine de degrés.
Finalement, ce fut l'arroseur arrosé (au sens propre comme au sens figuré) car peu avant que les choses sérieuses ne commencent, c'était Chris le plus terrorisé. Moi, j'avais même pas peur comme d'hab), j'étais juste énervée car je déteste avoir FROID et en plus, j'étais fatiguée.
Je disais donc que nous avions dû revêtir des combinaisons trempées, avec l'habituelle taille de trop pour moi (que ce soit pour les dauphins, la plongée ou le rafting, à CHAQUE FOIS on me refile un truc trop grand, je ne sais pas comment je dois le prendre). Pour parfaire le tableau, on a dû mettre un casque à lampe intégrée et des chaussures de clown.
Pour une fois, j'ai une photo de nous en tenue de combat:

des bonnes têtes de champions

Jusqu'ici, tout va à peu près bien, à part le froid.
Nous partons vers la grotte, armés de nos bouée-pneus qui allaient faire office de bouée de sauvetage au cas où nous tomberions à l'eau... pensais-je. Je m'imaginais naïvement une espèce de tour de montagnes russes dans le noir (comme à Fantasialand), dans un canoë, où nous nous prendrions éventuellement quelques gouttelettes à la figure lors de la descente de chutes d'eau.
C'est lors de la séance d'entraînement dans la rivière que j'ai commencé à comprendre mon malheur.
« Allez, hop! Mettez la bouée sous vos fesses et jetez-vous en arrière dans l'eau glacée » (à côté de laquelle la Manche paraît délicieusement tiède).
Mais... mais... il est où, le canoë?! La guide n'a pas compris ma question et pour une fois ça n'avait rien à voir avec ma prononciation: le « canoë », c'était la bouée... Enfer et damnation (quoique...en enfer, au moins, il fait chaud).
J'ai pas eu le choix, je me suis jetée à l'eau au sens propre comme au sens figuré, buvant la tasse par le nez, la bouche et les oreilles pour la énième fois depuis le début de ce voyage.
La bouée étant légèrement trop grande (ou mes fesses légèrement trop lourdes) (ou les 2), j'avais juste les pieds et la tête qui ressortaient, j'ai mis 3 plombes à me sortir de là.
Ça a fait remonter à la surface un traumatisme de mon enfance où je m'étais retrouvée dans la même désagréable position: un matin où le Pinouch m'avait laissée sur les toilettes sans surveillance, j'étais tombée dans le trou (ça n'arrive pas que dans les films et les histoires drôles). J'espère que mon père indigne s'en mord encore les doigts(ceux de la main encore valide).
Tous trempés et grelottants, nous sommes arrivés à l'entrée de la grotte. Je n'avais déjà plus de sang dans le petit doigt droit (répétez ces 3 derniers mots en boucle le plus vite possible) à cette étape de l'aventure.



J'ai tout de suite compris l'utilité du casque: à peine entrée dans la grotte, je me suis pris une stalactite de plein fouet.
C'est parti pour environ 2h de barbotage dans l'eau glacée,... avec quelques sauts périlleux lors desquels j'ai remporté le prix du cri le plus strident. A la lueur bleue des vers luisants, nous avons traversé de sombres dédales:



Il ne faut pas souffrir de claustrophobie.

Nos guides nous ont également montré le garde-manger des vers, ou « fishing lines »:


ces petits malins tissent des fils de soie recouverts de mucus dans lesquels viennent se prendre divers moucherons.

et fourni quelques explications sur le phénomène de la bioluminescence. Pourquoi le ver luisant luit-il? Pour attirer sa proie, pardi. Et la femelle, pour attirer le mâle. Pourquoi la lumière est bleue? Il ne faut pas trop m'en demander.

Un peu réchauffés après une bonne soupe, nous sommes allés visiter le musée attenant à la grotte. J'y ai appris que le ver luisant est un animal troglobite, adjectif qui devrait plaire à certains.

Vous avez compris ou il vous faut la traduction?!

J'ai également appris que le ver luisant, ou « arachnocampa luminosa », n'est même pas un vrai ver... un mythe s'effondre. Ce n'est qu'une vulgaire larve de mouche de la famille des mycétophyles...
Je suis ressortie désillusionnée, mais le paysage m'a rapidement redonné foi en la nature:



Après une séance de délassement- réchauffement au spa, la journée s'est terminée par un restaurant avec la mère de Chris qui exerce le curieux métier de « sensorial penalist », ou, dans des termes moins sibyllins, de « milk tester ». Elle goûte différents laits, devant entre autres en évaluer la teneur en crème et la « cowyness »(qu'on peut peut-être traduire par « goût de la vache »)afin de déterminer les conditionnement et transport optimaux. Comme pour le vin on doit recracher chaque gorgée, et interdiction de manger de l'ail avant car ça altère le goût... tout un art.
Nous avons regagné Auckland vers minuit, épuisées mais heureuses.
« What do you want to do on Sunday? », nous a demandé notre increvable hôte. Réponse à l'unanimité, tout droit sortie du coeur: dormir!!
Après une bonne grasse mat, nous nous sommes en toute simplicité baladés sur des volcans...





avant d'aller prendre notre navion pour Hong Kong.

Pour terminer, une photo du fameux lazy boy évoqué dans le post 33.


avec une lazy girl dessus, les doigts de pieds (et de mains) en éventail

27 mai 2010

44. Les merveilles du bazar de Cairns

Les horreurs du post 39 vous ont plu, vous en voulez encore?

Voici le briquouille de kangourou

disponible également version porte-clé et décapsuleur

et le masse-tête kangourou, qui peut également faire office de gratte-dos.



Ceux qui sont déjà allés aux USA connaissent probablement déjà le fameux « beef jerky », ces morceaux de bœuf séchés, aromatisés et glutamatisés sur lesquels notre herbivore de la salle des profs se serait jeté il n'y a pas si longtemps. Eh bien en Australie, ils font la même chose... avec les animaux qu'ils ont sous la main.

Il ne manque plus que le koala jerky.

C'est aux « Night markets » de Cairns que j'ai déniché ces insolites souvenirs... Un marché couvert où on peut faire, voir, manger et surtout acheter diverses choses jusqu'à 23h30, ce qui relève de l'exceptionnel dans un pays où la majeure partie des rideaux sont baissés à 17h. Des magasins de souvenirs en pagaille, mais aussi des prestations de service. Ça m'a rappelé le Maroc, en plus calme, plus aseptisé et moins authentique.
Sur ce bazar australien, j'ai appris à parler anglais comme une co...

iffeuse (qu'alliez-vous vous imaginer). « La raie » (pas celle à pois bleus), « pas droit ».... j'ai enrichi considérablement mon vocabulaire capillaire pour la modique somme de 12 dollars (je vous laisse convertir, sachant que 1AUS$=0,7€) sans shampoing ni séchage. Au passage, je me suis fait rafraîchir et dégrader la tignasse, dont les pointes étaient toutes desséchées par le soleil et l'eau de mer. L'occasion de rattraper les maladresses de la dernière coupe ankienne qu'on va qualifier de dentelée pour ne pas heurter les sensibilités. Heureusement que j'ai les cheveux frisés.
J'ai continué mes pérégrinations le porte-monnaie (tout neuf, en peau de kangourou) à la main, résignée à jouer le rôle de la touriste de base l'espace d'une soirée.
« Chinese massage (feet, calfs, neck, back, arms), 40 minutes, 15$ » (environ 10 €), c'est une offre qui ne se refuse pas, surtout quand on a la nuque un peu tendue après un stage intensif de plongée.
Après m'être fait désinfecter les pieds dans une bassine de thé (pourquoi pas), je me les suis fait pétrir par une mignonne petite masseuse coréenne (cherchez l'erreur) fraîchement arrivée au pays des tortionnaires de kangourous où elle compte parfaire son anglais encore hésitant. Alors qu'elle me faisait laborieusement la conversation (mit Händen und Füssen, laissant parfois le massage en plan pour me mimer un mot manquant, genre « Eifel Tower »), qu'aperçois-je en arrière-plan?



Un marchand dont l'écharpe vivante se marierait à merveille avec ma nouvelle robe et changerait de l'éternel bout de tissu rose que je me trimballe tous les jours autour du cou depuis plus de deux mois (déjà!).
40 minutes plus tard, je me rue vers son stand. Coup de chance, il avait encore le modèle en stock. Il m'a laissée l'essayer...

Admirez au passage les effets de mon passage chez le coiffeur (oui je sais, j'ai le haut du soutif qui dépasse. Et alors?)

Quelle déconvenue! L'écharpe ne tenait pas autour de mon cou merveilleusement détendu, me glissant sur les pieds au bout de deux minutes.
Je suis condamnée au port de l'écharpe rose à perpétuité... Triste sort.

43. Défilé de mode sous-marin

Une fois échappées de l'asile, nous avons pris le premier bateau pour aller nous cacher en pleine mer. Nous comptions sur la discrétion des poissons, espérant qu'ils possèderaient tous la qualité principale de la carpe malgré la grande diversité des espèces - pas moins de 1500 répertoriées dans la grande barrière de corail.
C'est parti pour 2 jours de croisière sur le « Reef Encounter », notre Calypso à nous.



Idyllique.
Voici notre petit nid d'amour, dont on ne voit malheureusement pas l'adorable hublot, situé sur le côté gauche. (vous pouvez cependant l'apercevoir de l'extérieur sur la photo précédente: c'est celui du milieu, le 3e à partir de la gauche)

certains portent un bonnet rouge. Moi, c'est une écharpe rose.

Pendant 2 jours, nous avons pratiqué la plongée à outrance, 4 ou 5 fois par jour dès 6h du mat!! (que c'est mignon des petits poissons au saut du lit) J'en ai attrapé une ampoule au gros orteil gauche à cause de ma palme, zavez qu'à voir (on a les pieds sensibles chez les Piquenard... encore une tare familiale dont j'ai hérité).
Absolument fascinant, je ne vois pas d'autre mot. N'ayant pas bénéficié d'introduction à la faune et à la flore des bas-fonds locaux, je me suis vue obliger de baptiser moi-même les acteurs de la vie sous-marine. Un petit pot-pourri:
-le Gros Multicolore (à dominance bleu et violet) solitaire et probablement aveugle, vu qu'il n'arrêtait pas de se cogner dans les roches et coraux.
-les PPTTF (Petits Poissons Turquoise Tout Frétillants) qui se déplacent comme des spermatozoïdes en bancs d'au moins 500 (grossière estimation, je n'ai absolument pas le compas dans l'œil) (et heureusement car ça doit faire mal)
-les Minuscules Bleu Électrique (exactement la couleur dans laquelle je cherche -en vain- une robe depuis le début du voyage)
-Mister Noeud Pap orange sur costume noir (la classe)
-Pinocchio (un pif à côté duquel celui de Cyrano paraîtrait microscopique)
-le Punk fish (dont la crête jaune est aussi longue que le reste du corps)
-la Raie à Pois Bleus (ignorant si c'était celle dont la piqûre est mortelle, je me suis éloignée à grandes brassées)
Mieux qu'un défilé de mode, tout ça. Des couleurs à faire pâlir de jalousie un arc-en-ciel.
Je ne reparle pas des coraux que j'ai déjà décrits la dernière fois.
« Les photos, les photos!! »vous impatientez-vous peut-être...
A mon grand regret j'ai oublié de louer un appareil étanche avant la croisière... et sur le bateau, ils n'en vendaient pas de numériques... je veux voir mes photos tout de suite, moi!! Si on continue la plongée en Asie, ce sera définitivement mon prochain investissement.
J'ai quand même pu emprisonner dans mon appareil un gros poisson de surface:

l'anequeux palmé à crête jaune, espèce toute nouvelle

Sinon, je suis tombée nez-à-nez avec un banc d'énormes poissons apathiques et vilains comme tout (ce n'était pourtant pas des thons), et j'ai enfin vu la tortue d'eau géante ratée la dernière fois (avec les Blonds), à 3 reprises, même.
Rien à voir avec les poissons (ni avec la choucroute, d'ailleurs), mais j'ai vécu un autre moment d'émerveillement esthétique devant le spectacle des bulles générées par les véritables plongeurs (et non pas barboteurs de surface à tuba comme nous) à bouteilles d'oxygène. Remontant en flèche à la surface, elles viennent te chatouiller le visage avant d'éclater au-dessus de ta tête... Magnifique.
Toujours dans l'eau, j'ai expérimenté un type de vertige qui m'était jusqu'ici inconnu: le vertige sous-marin. Tu barbotes tranquillement au-dessus du sommet d'un récif de corail que tu pourrais toucher en tendant le bras mais t'as pas intérêt car c'est très fragile ces bêtes-là et si tout le monde faisait ça elle ne ressemblerait plus à grand-chose, la grande barrière de corail... Quelques mètres plus loin boum, la mer est tellement profonde que tu n'en vois même pas le fond, seulement du bleu à n'en plus finir. Saisissant. Ça m'a rappelé mon saut en parachute, c'est pour vous dire.

les parties foncées correspondent aux récifs, les claires aux profondeurs abyssales.

Étonnamment, l'équipage était très sympathique. Jeune (plus que moi...), international et dreadlockeux, ce que je ne vais pas tarder à devenir(dreadlockeuse, pas jeune) si je continue la plongée à cette fréquence sans me coiffer entre deux (j'ai mis une demi-heure à démêler la masse en rentrant). Des vrais passionnés de la mer, et non pas des animateurs blonds (même si certains l'étaient d'extérieur, ils ne l'étaient pas – ou pas encore- dans leur tête) pour touristes attardés. D'ailleurs, une fois de plus, nous aurions pu rester pour travailler quelques jours en échange du gîte, couvert et séances de plongée gratuites... si nous n'avions pas un avion à attraper. Arrrg (grognement de déception).

J'essaie de me consoler en me disant que l'abus de plongée peut être dangereux pour la santé mentale chez certains individus... comme moi. J'ai rêvé de poissons pendant 2 nuits, c'est grave, docteur?

42. Derniers instants d'une colocation temporaire

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

Le bon Jean (de Bayonne) avait raison, car notre pêcheur a fini par attraper un poisson de taille honorable l'avant-dernier jour de notre périple. Il était temps.
Alors que je dévorais voracement mon San Antonio (improbable découverte dans une librairie d'occasion d'Airlie Beach) et Anke la fin de son Jane Eyre (ma prochaine victime) en front de mer à Cairns, il a savamment désentraillé, désarêté et découpé la bête

j'ai intérêt à faire gaffe à mon karma car je ne tiens pas à être réincarnée en poisson comestible

puis l'a faite cuire avec les 3 quarts d'une tête d'ail (autrement dit une dizaine de gousses) et du vin rouge, contribuant au vidage des fonds de bouteille et des placards du camping car avant sa restitution à la Car Rental Company.

Délichiousse, je ne vois pas d'autre mot. De plus, la protection anti-vampires est incluse dans le prix et assurée pour au moins 2 jours.

En guise de dessert (rons-nous la ceinture), nous avons dégusté les derniers Tim Tam. Vous ne savez pas ce que c'est? Un biscuit institutionnel en Australie, enrobé de et fourré au chocolat, de la trempe de nos Petits Ecoliers. Les traditionnels sont au lait, mais ils existent aussi en blanc, noir, crunchy, caramel, etc., bref, ils n'échappent pas aux tentatives de diversification commerciales alors que comme pour les Carambars, les Petits Lu etc, rien ne vaut les traditionnels (non?).

admirez cet impressionnant assortiment

La spécificité des Tim Tam, c'est qu'ils peuvent servir de paille dans une boisson chaude. La démarche à suivre est très simple: on en croque une extrémité, comme avec les Petits Lu, mais attention!!! Ne pas se précipiter voracement sur celle d'à côté, mais s'attaquer à celle d'en face en diagonale, et uniquement celle-là.

votre paille entièrement biodégradable est prête

Ensuite, on trempe le biscuit ainsi mutilé dans son chocolat chaud ou café ou ce que vous voulez du moment que c'est chaud, et on aspire par le moignon émergé...
L'erreur des débutants, c'est de vouloir aspirer trop longtemps. Fatal. En 5 secondes, le biscuit se désagrège et on le retrouve en bouillie au fond de sa tasse. Un carnage.
Au bout de 3 ou 4 essais, on commence à avoir un feeling pour gober le biscuit imbibé pile-poil avant qu'il ne fasse naufrage.
Pour la deuxième gorgée... on prend un autre Tim Tam. Pour la troisième gorgée, encore un autre. Et ainsi de suite jusqu'à la crise d'hyperglycémie.
Conclusion: tout cela n'est qu'un fin stratagème commercial qui incite le couillon de gamin australien (et la couillonne de touriste française, au passage) à s'enfiler la totalité du paquet en une fois pour pouvoir finir son chocolat chaud à la paille.

Puisque j'en suis aux spécialités australiennes, j'en profite pour vous présenter la fameuse « Vegemite ». Une espèce de pâte marron qui ressemble à s'y méprendre à du Nutella … jusqu'à ce qu'on en enfourne allégrement une généreuse cuillerée et la recrache aussi sec en courant aux toilettes. Sa composition: extrait de levure, eau et sel... Pas de risque de terminer le pot à la petite cuillère (ou encore mieux, au doigt) malgré (ou plutôt à cause de) les indéniables qualités nutritionnelles du produit. Le Vegemite se tartine avec parcimonie sur du pain, au-dessus d'une couche de beurre si on le désire (ça aide à faire passer la pilule). C'est l'équivalent australien du « Marmite »(rien à voir avec la casserole obèse: prononcer « marmaille-te ») dont les Anglais (et notre bouffeur de soja de la salle des profs) raffolent tant. Paraît qu'il y a une différence au goût et dans la composition. Pour moi, c'est du pareil au même: edible, but not enjoyable.

si c'était vraiment si infâme, il n'aurait pas un sourire si authentique... Remerciements à Mac Do (si si...) pour l'échantillon gracieusement mis à notre disposition.

J'en reviens à notre Dernier Déjeuner...
La peau du ventre bien tendue, nous nous sommes dirigés, la mort dans l'âme, vers la Car Rental Company pour restituer la Norimobile... L'enterrement de nos 10 jours de colocation...

Pensiez-vous que notre gentleman australo(non pas pithèque mais)-japonais pouvait nous quitter comme ça, sans une dernière attention?
Avec sa prévenance habituelle, il a jugé dangereux (pour nous-mêmes et pour autrui) de nous laisser livrées à nous-mêmes après son départ pour Sydney. Le camping car étant déjà rendu, il a loué un autre véhicule à 4 roues dans un supermarché pour nous déposer à un endroit où nous serions en sécurité et ne risquerions pas de troubler l'ordre public.

admirez au passage mon nouveau collier pur cristal (on en trouve partout ici, de toutes les couleurs) assorti à ce satané foulard.

21 mai 2010

41. Sea, bêtes and sun

Bye bye les bains de mer... J'ai bien fait d'en profiter à Byron Bay et Noosa Head.
De Rockhampton où nous sommes actuellement (enfin... au moment où j'ai commencé à rédiger ce post, ce qui date déjà) jusqu'à Cairns, une bonne partie de la côte est infestée de crocodiles...

de quoi dissuader le nageur le plus acharné

Ces fourbes carnivores se tapissent dans les herbes ou se cachent dans l'eau, et guettent leur proie. Animal ou humain, ils ne sont pas très regardants. L'essentiel, c'est que ce soit de la viande.
Ce qu'il faut faire en cas d'attaque: courir. Vite, et longtemps. Le crocodile est rapide, mais n'a pas d'endurance. J'ai de l'endurance, mais je suis lente. Conclusion: j'ai plutôt pas intérêt à traîner trop près de la mer ou d'une rivière.
Bouh.

Ah ah, on fait moins son malin dans une assiette, préparé à la sauce cajun avec des petits légumes! Gustativement parlant, ça ressemble à s'y méprendre à du poulet bien tendre.

Après une journée de conduite intensive, on a pu s'offrir le luxe de s'arrêter une journée entière à Airlie Beach, charmante petite station balnéaire sur la grande barrière de corail.




Comment résister à une telle offre?
Nous nous sommes donc offert un «day trip » dans un jet boat piloté par 2 blonds bronzés, stupides, dragueurs mais gentils. Le prototype du GO dont le but dans la vie est de se faire plus de kilos de filles que son collègue (Anke qui avait une place privilégiée dans le jet a pu épier la conversation), genre Popeye dans les Bronzés. On se moque des blondes, mais les blonds en tiennent une sacrée couche aussi. Je ne parle pas des blonds naturels qui ne peuvent rien à leur blondeur, mais des blonds volontaires dont la chevelure (et le cerveau aussi, au passage) a été décolorée par le soleil ou l'eau oxygénée. Ceux qui ont choisi leur blond(att)itude.

le moins blond des deux Blonds.

Dès qu'ils ont appris qu'Anke était Allemande, c'était foutu. « I speak German, I took evening lessons with German girls ». « Du hast great Titten », « Du hast nice Arsch », et le reste, ils n'ont pas voulu nous dire, s'auto-censurant. A croire qu'ils avaient appris l'allemand avec la version anglaise de la méthode « Je parle allemand comme un(e) cochon(ne) ». Je ne plaisante pas, ce bouquin existe vraiment, un ami très cher m'en a offert un exemplaire. Pounich, qui en est un adepte, confirmera. Pour ceux (suivez mon regard) qui voudraient rafraîchir ou perfectionner leurs connaissances, c'est une méthode très motivante que je conseille. Les auteurs de Latitudes -NB pour les néophytes: la méthode utilisée à l'institut- devraient en prendre de la graine.
Le livre est disponible sur Amazon pour ceux que ça intéresse:
http://www.amazon.fr/Je-parle-allemand-comme-cochon/dp/2846282021

J'en reviens à mes Blonds. Je n'arrive toujours pas à croire qu'ils ne m'aient pas sorti l'inévitable «Voulez-vous coucher avec moi ce soir? » La phrase doit être trop longue à retenir pour eux... J'ai seulement eu droit au classique et approximatif « Je m'appoile John ». Rhabille-toi, John, tu n'as aucune chance. Ce dernier m'a quand même montré son...
cancer de la peau. Une grosse cicatrice sur le torse.
Effroyable statistique: un Australien sur deux est atteint. On ne plaisante plus avec la protection contre le soleil. Dans chaque magasin de souvenirs, pharmacie, supermarché, il y a des rayons entiers de crème solaire.

la pochette de mes cartes postales

D'ailleurs, je ne me découvre jamais, sauf parfois pour les photos, et encore. Vous comprenez maintenant pourquoi vous me voyez toujours avec ce sempiternel chauffe-épaules (mot belge pour boléro) (ils sont marrants les Belges, hein?) beige. Belge aussi, d'ailleurs, puisque j'en avais fait l'acquisition lors d'une mémorable virée interprofs à Liège.
Je divague (« vague! »), je divague... Désolée.
Nos deux kékés pilotaient comme des malades pour impressionner la viande fraîche. Ils n'ont réussi qu'à impressionner mon genou droit alors que le bleu sur mon genou gauche (glacier, souvenez-vous) avait enfin fini par s'estomper. Je ne serai donc jamais symétrique.

Nous avons d'abord jeté (plus exactement, les Blonds ont jeté) l'ancre sur la « Whitsunday Island » que l'on ne peut pas qualifier autrement que de paradisiaque dans le sens cartepostalien du terme. Mer turquoise, sable blanc d'une finesse exceptionnelle (parfait pour faire des peelings d'après les Blonds, mais interdiction d'en rapporter), palmiers...



sans moi la photo est encore mieux... c'est un fait (mais c'est vexant)

Je disais donc paradisiaque... Tout comme l'enfer est pavé de bonnes intentions, le paradis est couvert de sales bêtes.

D'abord, on s'est fait assaillir par une armée de crabes bleus. « Run, run, they're deadly poisonous!! »nous a hurlé un de nos Blonds blagueurs. Tu parles... on risquait au maximum de se faire mordiller les orteils.


impressionnant quand même

5 secondes après, le petit bonhomme avait creusé son trou et disparu dedans. J'ai des vidéos mais ça prend trop de temps à charger.

Par contre, les petits requins dont est infesté l'océan auraient pu nous faire un peu plus mal.

Ensuite, nous avons été mis en garde contre les serpents pendant le « bush walk », petite balade préprendiale dans la forêt. Nous aurions dû y penser... paradis sur terre implique la présence de serpents. Ils ne nous ont même pas proposé de pommes, ces goujats. Aucun savoir-vivre. C'était différent jadis. Tout se perd.

y compris l'équilibre.

Les petits papillons gloutons ne nous ont pas non plus offert de partager le miel du bâton autour duquel ils étaient agglutinés.

goinfres! rustres!

Conclusion: un peu trop de méchantes bêbêtes pour moi (mais oui je sais la plus grosse bête c'est moi). Je préfère Bonn.

Une île plus loin, nous sommes parties à la rencontre d'autres bêbêtes, sous-marines cette fois-ci.
Après avoir enfilé la combinaison (« wet suit ») anti-méduses et mis le tuba, nous étions prêtes pour le grand plongeon.
Au moment fatidique, que vois-je? Un monstre abyssal.

un air de famille avec Joe Dassin et Dalida (paix à leurs âmes). C'est Gillou qui va être content (si l'ordi de la salle des profs est réparé...)

Celui-là même qu'on voit sur une carte postale sur 10, le « maori wrass ». J'ignore de savoir son nom en français. Mais ce que je n'ignore pas de le savoir, c'est qu'à sa vue j'ai perdu tout mon courage.
Avec le recul, je bénis le Blond qui a recouru à la méthode radicale et m'a poussée à l'eau sans autre forme de procès malgré mes cris d'effroi.
A la frayeur initiale (et à l'inévitable buvage de tasse) a succédé l'émerveillement. Et pourtant, je ne suis pas un sujet facilement émerveillable.
Je peux vous assurer que c'est autre chose que l'aquarium de chez le dentiste ou les reportages du feu commandant Cousteau. A la télé, c'est bien. En vrai, c'est mieux. Des petits poissons jaunes et bleus (probablement des cousins éloignés de Nemo) sont venus par bancs entiers me frétiller sous le nez et me chatouiller les pieds alors que j'admirais épatée les coraux de toutes les couleurs: mauves, bleus, jaunes, rouges(de nos rêveries jaunes et bleues et mauves et pourpres et paraboliques) (seuls les Initiés comprendront la référence filée), certains vivants et ondulants, d'autres déjà pétrifiés.
Mon coup de cœur va au petit poisson blanc à rayures noires dont j'ignore absolument le nom. Très sixties, comme l'espèce de pintade noire à pois blancs (voir post 37).
Dans ma fascination, j'ai perdu la notion du temps (d'autant plus que j'avais enlevé ma montre, cette dernière ne raffolant pas de l'eau). C'est seulement lorsque j'ai aperçu les grands signes que me faisaient au loin l'équipage et les passagers du jet boat que j'ai compris que les 45 minutes s'étaient écoulées.

C'est décidé: en Asie, je passe mon permis de plongée avec Anke.

20 mai 2010

40. Une colocation qui roule

Un Japonais, une Allemande et une Française dans un camping car. Il n'y a pas si longtemps, on n'aurait pas donné cher de ma peau.
Les temps ont changé. Aujourd'hui, c'est l'entente plus que cordiale.
Notre Japonais de service est la politesse incarnée et la gentlemanerie en personne. Parfois, c'est un peu difficile de savoir ce qu'il veut et pense vraiment, et nous nous demandons même si ce n'est pas par pure politesse qu'il nous accompagne dans notre virée. Comme il nous a été fourni sans mode d'emploi, c'est avec le temps que nous avons appris à décoder ses réponses et à en saisir les subtiles nuances.
« It's OK! » est sa réplique préférée (sans exagérer, on l'entend une cinquantaine de fois par jour).
Une variante à peu près aussi fréquente: «  it's all right ».
Je les prenais pour des parfaits synonymes mais il y a une légère différence: « all right » exprime un tout petit peu plus d'enthousiasme/de satisfaction que « OK ». Je lui ai posé la question pour en avoir le cœur net et il a confirmé.
Ensuite, il y a « It's not too bad ». Là il faut commencer à se méfier, ça pourrait vouloir dire qu'il n'est pas d'accord ou n'aime pas.
Et quand il hésite avant de répondre « it's all right » or « it's OK » or whatever, ça ne peut pas être plus clair: il n'est pas emballé du tout.
Bref, c'est le roi de l'euphémisme.

Prenons deux exemples:
« Nori, are you hungry? »
S'il répond « No, it's all right! », c'est qu'il n'a vraiment pas faim.
« It's OK! »peut être l'indice d'une faim légère mais soutenable.
« Yes, a little bit »indique qu'il n'est pas loin de tomber d'inanition.

Deuxième exemple: « Nori, how is your hamburger? »
« It's all right » = c'est bon
« It's OK » = j'ai vu mieux
« It's not that bad »= c'est vraiment pas terrible
Une hésitation+réponse quelle qu'elle soit = c'est absolument imbouffable ce truc

Une autre de ses caractéristiques, c'est qu'il passe ses journées à s'excuser pour tout et n'importe quoi (même quand c'est notre faute à nous ou celle de personne), ce qui est un passe-temps comme un autre, remarquez. Nous prenons un malin plaisir à l'embêter avec ça. S'il pleut ou s'il y a un bouchon, nous nous exclamons en cœur: « I hope you feel sorry! ».

Il a toujours peur de mal faire alors que je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi attentionné.
Vous allez certainement croire que j'ai enjolivé les exemples suivants alors que ce n'est que la pure vérité.
Il se réveille avant nous: il sort à pas de loup pour nous laisser ronfler à loisir jusqu'à pas d'heure après nous avoir rajouté à chacune une de ses couvertures (heureusement pour lui, l'heure de check out des campings met des limites à notre marmotterie ou plutôt devrais-je dire à notre koalaterie)
On est encore en train d'émerger que le café est déjà servi.
On va se doucher: les pancakes sont prêts à notre retour.
On laisse échapper un « I look like shit today » en se regardant dans la glace au réveil, la réaction est immédiate « You're always beautiful » ou « You look gorgeous ». On l'a traumatisé le premier jour (les pestes...) en le traitant de goujat quand il a dit à Anke « You look like you just woke up »(elle venait en effet de ronfler 1h à l'arrière du camping car). Depuis, il nous complimente prophylactiquement à peu près 10 fois par jour.
J'éternue une fois: il me propose des antihistaminiques (help Schwester, comment ça s'écrit?!).
Je dis que j'aime bien nager: il se met immédiatement à la recherche d'une plage.
Je frissonne un peu: il vide sa valise pour me tendre le plus vite possible son tee-shirt thermoactil en laine de mérino.
Je me plains de ma crème solaire qui me dessèche les jambes: il dégaine sa précieuse crème hydratante pour le visage et m'enjoins de vider le tube.
On fait part de notre envie d'ajouter un peu de vert à nos repas: il court dévaliser le premier maraîcher(résultat on a 2 kilos de céleri qui moisissent dans le placard)
Du coup, on réfléchit à deux fois avant d'ouvrir la bouche.

En gentleman qui se respecte, il nous a bien roulées dans la farine en nous faisant croire qu'il allait nous laisser payer la bouffe en contrepartie de la location du camping car. Quand on a essayé de lui payer le premier resto, il a poussé les hauts cris: « par bouffe, je voulais dire les courses! »
Mon œil...le lendemain , il ne nous a pas laissées les payer... parce qu'on avait pris en charge la moitié de l'addition du resto.
Si on ne résistait pas, il nous payerait absolument tout, sous le prétexte que « you have to keep your money for the rest of the trip »
Nous avons donc déployé toute notre ingéniosité pour mettre au point quelques tactiques nous permettant de participer aux frais.
La première consiste à courir plus vite que lui. Ça marche surtout dans les stations service pour le règlement des pleins d'essence. La première victoire d'Anke la semaine dernière a traumatisé ce pauvre Nori qui avait peur qu'on le prenne pour un « rude bastard » (je cite).
La deuxième tactique est plus radicale: au moment où Nori s'apprête à payer, l'une lui prend le porte-monnaie des mains et s'enfuit en courant, tandis que l'autre en profite pour dégainer son porte-monnaie et régler la facture. Ça déstabilise le commerçant, mais c'est efficace.
Troisième tactique: la persuasion par la parole. On progresse lentement, mais il y a encore du chemin à faire. Ce soir encore, alors qu'il venait de nous inviter à dîner, il nous a chaleureusement remerciées pour la 20e fois environ pour le lunch qu'on a réussi à lui payer il y a 3 jours...

Le seul moment où nous l'avons vu perdre son calme olympien et sa patience angélique, c'est quand le distributeur lui a avalé sa carte de crédit sans aucune raison... Malgré notre immédiate proposition de lui PRÊTER de l'argent (nous n'avons pas parlé de donner, il aurait fait un ulcère sur place), il n'a retrouvé le sourire et la sérénité que lorsqu'il a eu la confirmation qu'il avait encore de l'argent sur le compte qui alimente sa 2e carte de crédit. Sauvé.

Je termine avec une photo très représentative qui me permet en même temps de vous montrer notre maison temporaire:

voici le monstre... Le camping car, pas ce bon Niro qui descend avec le café et le jus d'orange... Notez en bas à droite une partie des jambes d'Anke qui attend comme une pachate.

Nori, on se moque... mais on t'adore! Surtout, ne change pas!

19 mai 2010

39. Bizarreries brisbaniennes

Cette fois-ci, notre manque d'organisation nous a été fatal: c'est non sans déception et frustration que nous allons devoir renoncer à notre virée dans le désert... Temps, prix, jours de circulation du train qui traverse le désert... rien ne colle. Il faut être réaliste (parfois...). Du coup, nous allons nous cantonner à la côte est. Nori a pris quelques jours de congé supplémentaires (son dévouement est sans limite... c'est autant de jours de moins pour ses vacances au Japon) et prolongé la location du camping car pour nous conduire à Cairns à un rythme plus tranquille.

Un avantage immédiat, c'est qu'on a pu se permettre de passer un après-midi entier à Brisbane.
Pour ne frustrer personne, nous avons décidé de séparer nos chemins l'espace de quelques heures.
Anke est allée au cinéma, Nori à la messe. Quant à moi, j'ai visité une expo d'art schizophrène. OK, j'avoue, mon intention première était de faire du shopping, mais dans cette ville de m... les magasins ferment à 16h. Le dimanche. C'est une honte. J'ai donc dû trouver un ersatz à ma soif de shopping (je n'en PEUX PLUS de porter les 5 mêmes tee-shirts depuis 7 semaines). Cette affiche a attiré mon attention:

alors, vous voyez bien que je ne vous fais pas marcher.

J'ai vu de la lumière, je suis entrée. Je n'ai pas bien vu la différence avec l'art «normal »... à part le prix des tableaux, qui étaient très abordables. L'expo était très éclectique, le seul point commun entre les artistes étant leur schizophrénie. Une chauve-souris, un portrait du pape, un autre de Sophia Loren, un bouddha, un remake de la Vénus de Botticelli et du dernier souper, des pastiches de Picasso, des collages, des poissons, un échiquier psychédélique, des auto-portraits tourmentés, une nature morte...
Ensuite, je suis entrée dans le seul magasin encore ouvert, dont on pouvait difficilement louper l'entrée:


après la poupée, le kangourou gonflable!

Un sex shop pour zoophiles? Non, un temple du commerce-souvenir, dédié au tout-puissant kangourou. Je me suis recueillie un moment parmi les inévitables boomerangs et la panoplie d'objets à l'effigie de l'animal national: calendriers kangourou, verres à liqueur kangourou, statuettes kangourou, tee-shirts kangourou (je vous vois arriver avec vos gros sabots: non, pas de slip kangourou, ou alors j'ai mal regardé), stylos kangourou


kangourous boxeurs, pas slips

portefeuilles kangourou, porte-clés kangourou, magnets kangourou... (on trouve à peu près le même éventail de produits version koala).

ça pourrait égayer un peu le frigo de la salle des profs,non?

Ça, c'est pour les classiques qu'on retrouve dans chaque pays, déclinés selon la spécialité locale. J'ai vu la même chose en pinte de Guiness en Irlande, en tartan (vous savez, l'atroce tissu à carreaux) en Ecosse ou en kiwi (bird) en NZ.
Mais les Australiens ne se satisfont pas du banal et du kitch. Ils font dans l'original, le sensationnel, le gore.
Âmes sensibles, passez directement au post suivant.

le décapsuleur-patte de kangourou

la tirelire-testicule de kangourou

Je vous avais prévenus...