13 octobre 2012

Cap Comorin, la suite


Cap Comorin, ça ne se réduit pas à l'anniversaire de Ganesh (qui est célébré un peu partout en Inde)... Bon d'abord, après une nuit dans un hôtel tout pourri (3 semaines après j'ai encore sur la cuisse la trace de la piqûre d'une bestiole inconnue), nous avons déniché un super plan dans un hôtel avec piscine sur le toit et vue sur les 3 mers : la mer d'Oman, l'océan Indien et le golfe du Bengale.

            d'où le nom (approximatif une fois de plus) de l'hôtel

J'étais juste entrée pour demander le prix de l'entrée de la piscine, et vlà-t'y pas que le réceptionniste me court après pour me proposer une chambre pas plus chère que ce que nous payions d'habitude ! (cad une douzaine d'euros pour 3). Certes, pas de vue sur la mer à ce prix, mais pas de bestioles non plus, et surtout, accès illimité à la piscine !! Qu'on avait pour nous toutes seules car l'hôtel était vide. Vive la fin de la basse saison. Nous avons beaucoup aimé l'ambiance de la ville, surtout à la tombée du jour, à la pointe de la pointe...

Cloé et Chantal devant la statue de Thiruvalluvar (un poète) et le Vivekananda Rock Memorial. 
 
                               vendeuse de mangues vertes
le graveur de coquillages... grâce auquel une œuvre d'art trône dorénavant dans la sale des profs...

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y avait de la vie.


Étant à peu près les seules touristes de la ville, nous ne passions pas inaperçues et avons ressenti dans notre chair, l'espace de quelques jours, ce que c'est que la célébrité... Sans exagérer, on a dû poser pour une centaine de photos, parfois avec toute la famille,

                             un exemple parmi tant d'autres
 
             Notre petite marchande de barrettes qui nous a suivies pendant 3 jours

parfois avec des jeunes hommes qui voulaient probablement avoir matière à se vanter auprès de leurs potes. Ce qui est dommage, c'est que la majeure partie des photos, je ne les ai pas car ils les faisaient évidemment prendre avec leur propre téléphone. Chantal a quand même eu le réflexe de prendre celle-ci, collector :


Pour continuer dans le romantisme :


A ne pas rater non plus : la balade dans le village des pêcheurs à la tombée de la nuit.




                            déchets au clair de lune

Ce qui nous a étonnées au vu de la ferveur hindouiste qui régnait dans la ville (cf post précédent), c'est que Jésus lui aussi est omniprésent (notez d'ailleurs la magnifique église blanche en arrière-plan sur la 1ere photo du port).


C'est ce qu'on appelle une cohabitation pacifique, magnifiquement résumée par ce tableau qui ornait le hall d'un petit hôtel...


Cerise sur le gâteau, dans le magasin de souvenirs d'un temple hindouiste, nous sommes tombées sur... un Bouddha sous la neige (dorée, SVP). Revenons-en à notre village de pêcheurs. Plein de scènes de la vie quotidienne

                              tri des grains de riz
 
file d'attente pour remplir les broc au robinet (de toute apparence pas d'eau courante)
 

                      démêlage de filets

 et puis évidemment, les inévitables photos de famille.


Je terminerai pas cette magnifique moustache:


A faire frémir de jalousie le père Dodu...

06 octobre 2012

Joyeux anniversaire Ganesh, ou festivités à Cap Comorin


Je ferai l'impasse sur Trivandrum car ça ne nous a pas trop plu (grande ville bruyante et crado) et le temps presse (je suis déjà de retour !!), je ne peux pas (je ne peux plus !) tout raconter en détails. Ça me fait tout drôle de me replonger là-dedans maintenant revenue à la grisaille bonnoise... Pour faire bref : après un voyage en train moins éprouvant que le bus

              interminable, le train... et c'était la même chose derrière !

nous sommes arrivées à Cap Comorin, la pointe sud de l'Inde, pile-poil pour l'anniversaire de Ganesh (le 19 septembre cette année). Eh bien on peut dire qu'ils font les choses en grand. Déjà plusieurs jours avant, toute la ville est décorée comme à Noël, avec entre autres ce beau Ganesh qui brille de 1000 feux...


Toute la journée, de valeureux porteurs (fallait voir les bosses qu'ils avaient sur les épaules) trimballent dans les villages alentours une énorme statue à l'effigie du dieu éléphant,



suivis d'un orchestre de tambours.


Pendant ce temps, les femmes ne chôment pas, décorant de magnifiques mandalas le sol de la chapelle où devait avoir lieu la fin des festivités, et allumant des mèches faites de papier et d'huile de (devinez !) coco.


    gros plan sur Ganesh pourri-gâté qui croule sous les offrandes
 



Les petites filles sont faites spécialement belles par leur mère pour l'occasion...


Quand le convoi de Ganesh arrive vers 20h, c'est la folie... jamais vu une telle ferveur religieuse et je dois avouer que toute païenne que je suis, ça m'a vraiment émue ! Les gens sont comme en transe sur fond de tambourinements qui vont de plus en plus vite...



Après, j'ai pas compris tous les rites mais ce dont je suis sûre, c'est que pour terminer, ils ont démembré ce pauvre Ganesh en fleurs pour offrir des bouts de guirlande à un peu tout le monde,


dont à Chantal qui ne savait plus où donner des mains entre son appareil photo, l'assiette de pois chiches qu'on venait de lui donner (car c'est bouffe gratuite pour tout le monde !), et les fleurs. Résultat, elle a envoyé valser les pois chiches sur l'assemblée, quelque chose de bien... Au fond ça l'arrangeait car elle n'en pouvait plus (elle avait déjà eu droit à une assiette avant et on avait dîné entre 2, bref elle était à 2 doigts de l'explosion), sauf que... les gens se sont bousculés pour lui en apporter une autre assiette, bien sûr !!

04 octobre 2012

Le petit dég' indien

Je suis pourtant un modèle d'ouverture culinaire, le salé ne me pose aucun problème au petit déj (aaah le scottish breakfast avec baked beans, bacon, black pudding et haggies -autrement dit boudin noir et panse de brebis farcie), mais l'épicé, si.
Le petit déj classique, c'est iddli : petite galette épaisse et spongieuse de riz et de yaourt fermenté... jusqu'ici tout va bien, sauf que c'est servi avec un curry de légumes et un chutney de coco.



Ceci dit je suis pas fan de la galette en elle-même car on sent beaucoup le goût aigre du yaourt fermenté.
Après il y a plein de variantes :
Le putu (oui, il faut bien prononcer poutou comme Philippe) à base de noix de coco et de farine de riz.


c'est très bon en soi mais un peu sec quand on ne veut pas ajouter de curry de pois chiches dessus...
 (qui est pourtant délectable. J'ai même trouvé la recette filmée, en anglais avec l'accent indien SVP !)

A Kumily, Shukkor nous a servi cette spécialité dont j'ai oublié le nom :


des pâtes de riz à la noix de coco, avec œuf et curry de légumes (vous reconnaitrez bien sûr les graines de moutarde et les feuilles de curry).
Délicieux en soi... mais pas au petit dej!!!

Un grand classique de la cuisine indienne (pas seulement kéralaise) : la dosa. L'équivalent de nos galettes salées (fourrées patates masala sinon ce serait trop léger) mais la farine de lentilles remplace le sarrasin. C'est servi avec du sambar (une espèce de soupe de légumes pas trop épicée) et du chutney de coco (qui, souvent, arrache la gueule).


Ça se mange au petit déj, mais aussi le midi, comme sur cette photo en l'occurrence vous l'aurez deviné, sinon Cloé n'aurait pas cet air si voracement enthousiaste...

Heureusement (ou pas...) on a fini par trouver des « continental breakfast ». Entendez par là : 2 pauvres toasts tout blancs qui ne calent pas du tout, with butter (rance la moitié du temps) and jam (au goût de dentifrice), avec une omelette qui peut sauver la mise si elle est bien faite (ce qui est pas gagné). Le tout trempé dans de la pisse d'âne qu'ils osent appeler café (bon OK, parfois on en trouve du bon).

Je terminerai par cette ode au petit dej allemand : vive le Frühstück.

01 octobre 2012

On a la dal !!!

Si vous avez du poids à perdre, ce n'est pas en Inde qu'il faut aller... (à moins d'attraper la tourista mais moi et mon Estomac de Fer... pas trop de risque). C'est super bon, mais qu'est-ce que c'est lourd !!! Pas étonnant qu'ils soient tous gros(ou presque). Autant en Thaïlande j'avais l'impression d'être un éléphant, autant ici je me sens svelte... Composition classique d'un repas : féculent + féculent+ féculent + légumes + sauce... Exemple : riz+chapatis+dal (lentilles en sauce)+légumes (en sauce, est-ce besoin de le préciser), éventuellement de la viande en plus (et en sauce aussi) si c'est pas végétarien. Même si je ne mange quasiment pas de sucreries et ai complètement arrêté l'alcool (c'est simple : ils n'en servent pas dans les homestays ni dans les petits restos où nous allons), je vais irrémédiablement rentrer avec 4 ou 5 kilos de plus à la fin du mois.
Kerala ne signifie pas « pays des noix de coco » pour rien : ils en mettent dans tous les plats, le plus souvent râpée. Et tout est cuit, frit, assaisonné à l'huile de coco. Les femmes en mettent même dans les cheveux, et on en met à brûler dans les églises.
Passons aux choses concrètes : des photos !! Voici la belle table qui nous attendait le 1er soir dans notre homestay :



à partir de midi dans le sens des aiguilles d'une montre :
-poulet au gingembre
-dal (lentilles)épinards-noix de coco
-salade de jtorchrébentoulpla à la chépaskeséksa -ocra ou « lady fingers », la courgette indienne
-chou-fleur à la... (attention, scoop) noix de coco et aux feuilles de curry (présentes à peu près dans chaque plat)
-pommes de terre aux feuilles de curry, les trucs noirs ce ne sont pas des bestioles mais des graines de moutarde
-salade de tapioca à la ---- -- ---- avec des ------- -- -------- (on va voir si vous suivez!)
Le tout accompagné de riz (malheureusement pas basmati dans la région, moins bon à mon goût) et de chapatis (galettes de blé complet). La première fois on se roule pas terre, on en reprend 3 fois et on se couche avec le ventre comme un ballon de foot en se maudissant d'avoir été si glouton(ne). La deuxième fois on dit miam miam mais on n'en reprend pas car on a retiendu la leçon. Et après... on se dit « ras-le-bol de ce putain d'arrière-goût qui est toujours le même » matin-midi-soir... car le matin, petit dej à l'indienne, et là, j'ai franchement du mal. Cela fera l'objet d'un autre post.

Le (bref) cours de cuisine que nous avons suivi à Kumily a confirmé mes soupçons : tous les plats sont cuisinés à l'huile de coco (ce qui est toujours mieux que l'huile de palme vous me direz), c'est ce qu'on met en premier dans le wok, et quand ça frémit, on ajoute les fameuses graines de moutardes et les feuilles de curry qu'on fait crépiter quelques secondes. Comme l'indique ce petit récapitulatif de ce que nous avons cuisiné,

CQFD : dans CHAQUE recette vous retrouvez le trio gagnant de début de cuisson: coconut oil- « mustered »(lire « mustard ») seeds-curry leaves 

  la noix de coco rapée, ça y va.

                               ils sont équipés !!
 
le deuxième trio gagnant qu'on ajoute ensuite (sans compter le sel): chili, curcuma et cumin 

On nous a fait une démonstration de pétrissage de parotta, ces galettes épaisses et friables qu'on mange avec la viande (ne vous inquiétez pas, moi non plus je n'y connaissais rien en pains indiens avant d'arriver, à peine si j'étais capable de distinguer un naan d'un chapati...). J'ai mis la main à la pâte... mais n'avais pas franchement le coup de patte.


Voilà le résultat de plus de 2 de labeur :


Dans le sens des aiguilles d'une montre en partant de midi :
-curry de chou fleur à la noix de coco
-parotta (pour accompagner le curry de poulet qui manque cruellement au tableau)
-riz avec (au milieu) un curry d'ananas à la noix de coco
-frites à l'indienne (avec 2-3 épices, quoi)
-curry de haricots à la noix de coco -papadom (galette de farine de lentilles )
-mélange de légumes dont j'ai oublié l'identité
Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça cale une dent creuse. J'ai l'impression d'être une oie qu'on gave, j'en peux plus!!! Le plus drôle, c'était à Kumily chez Shukkor. La pauvre Chantal, en tant qu'aînée, avait droit à un traitement de faveur (il faut nourrir les anciens)... Elle venait avec peine de finir son assiette bien remplie et s'essuyait le front. "Tu reprendras bien un peu de boeuf!", et vlan, une vieille louchée monstrueuse qui m'aurait fait 3 repas, idem pour le tapioca. Heureusement que pour digérer on nous servait une décoction ayurvédique à la marque quelque peu... douteuse.



 (…) 2 semaines ont passé et je rectifie : quand on n'est pas en demi-pension dans un homestay (comme c'était le cas la 1ere semaine) et qu'on peut choisir ce qu'on veut au resto, il y a moyen de limiter les dégâts. Je suis une grande fan du poisson et du poulet tandoori ou tikka (comme le tandoori, sauf que c'est servi sans os/arrêtes, pratique), c'est-à-dire marinés dans des épices et du yaourt, et cuit dans un four en terre. Vous n'aurez pas de photos car mon appareil marchait pas (biscotte pas de batterie, je vous le rappelle) mais je vous assure qu'accompagné de garlic naan (ou autre pain) et de vegetable raita (yaourt avec tomates, concombre et oignons), c'est délicieux.
Comme petit encas, l'uttapam (orthographe arbitraire, vu qu'il y en a à peu près 10 différentes) est pas trop mal


mais ça ne vaudra jamais la pizza italienne.
Je finirai sur le « indian coffee house », un resto-coopérative (et du coup pas cher du tout) excellent que nous avons découvert à Trivandrum (mais il existe aussi dans d'autres villes). Qu'est-ce qu'on a pu se régaler... Chicken fry (sic), chicken sauce jesépukoi, parotta et raita... J'en salive encore.

                              les choses sont sérieuses et ça se voit.

Bon évidemment, on y mange avec les doigts, c'est le carnage absolu, mais on rigole bien. Mais attention, hein : l'usage de la main gauche est proscrit ! (au grand dam de Chantal qui est gauchère) Bien que droitière, à la fin j'en avais jusqu'aux oreilles...