16 février 2013

D'Ollantaytambo à Cuzco : la vallée sacrée


Sur le chemin du retour Machu Picchu-Cuzco, nous avons pris notre temps, nous arrêtant d'abord une nuit dans l'adorable bourgade au nom prononçable uniquement au terme d'un entraînement de plusieurs minutes. 

place principale
Ça ce sont les ruines incas où nous ne sommes pas allées martyriser davantage nos mollets.


Voici la petite rue de notre hôtel.


De la terrasse, on voyait ça :


et ça :



Le lendemain, c'était reparti pour Cuzco, dans un minibus bondé pour changer.

paysage sur le chemin
Le choclo con queso, en vente dans presque tous les bus. Cet épi aux grains énormes, servi avec un bout (trop petit!) de fromage, s'est avéré un peu décevant pour nos papilles (on maçonne à sec).

Nous avons fait une halte aux terrasses (incas, bien sûr) de Moray, accessibles seulement en taxi à partir de ce croisement où le bus nous a déposées.


Assez impressionnant,




paysage sur le chemin du retour
tout comme les puits salants de Salinas.


J'ai pas compris comment ça fonctionnait exactement mais la vue était magnifique.
Il ne nous restait plus qu'une journée pour visiter Cuzco, où je me serais bien attardée un peu plus.

la bière locale
Bien que très touristique,

No comment... ça peut arriver même aux meilleures de tomber dans un traquenard.

Pauvre alpaga dont on exploite l'image (une photo, un sol !)
c'est une ville agréable (mais vallonnée !) qui est restée très authentique dès qu'on sort des quartiers touristiques. 
 

Au cas où vous brûleriez de savoir à quoi ressemble la plaza de Armas...

 Installation surprenante aperçue sur plusieurs toits

On a essayé de nous faire gober la même chose que pour le lac Titicaca : la ville aurait la forme d'un puma !


Pour terminer, une petite pub vue à l'aéroport (nous avons pris l'avion pour la jungle, nous épargnant ainsi 3 jours de bus) :











10 février 2013

Le Macchu Picchu pour les feignasses

N'en déplaise aux fans de sueur et de crampes dans les mollets, on n'a pas fait le chemin de l'Incas. Pour ceux qui ne savent pas : c'est une grosse rando de 4 jours pour le Machu Picchu, où tu pleures ta mère (qui aurait été à côté de moi, dans mon cas). Plusieurs raisons ont motivé notre choix de prendre le train :
1) la principale : nous sommes de grosses feignasses (disons-le haut et fort)
2) c'est pas la bonne saison (marcher c'est déjà dur, mais sous la pluie en plus...)
3) il aurait fallu s'y prendre un minimum à l'avance
De mon côté, j'aurais adoré la formule alternative (assez nouvelle) du Jungle Trail. Ça consiste aussi à rallier le Machu Picchu de Cuzco en 3 ou 4 jours, sauf que le chemin est différent et les activités variées : VTT (en descente uniquement !), tyrolienne, kayak... Mais la Minooch était pas trop emballée (« c'est un truc de djeunes, ça »), et de toute façon, il y avait toujours le problème de notre timing serré : j'avais déjà pris nos billets d'avion pour la jungle. Nous avons donc pris le train, qui était bourré de petits vieux. La Moonich s'est sentie dans son élément, pour une fois.

Vistadome, un train qui mérite à peu près son nom
Ça nous a coûté à peu près 100 euros aller-retour par personne cette connerie (pour seulement 1h30 de train, pire que le Caen-Paris), ils se mouchent pas du coude... Et pourtant on a feinté en prenant un bus Cuzco-Ollantaytambo (le train depuis Cuzco aurait été encore plus cher). Enfin bref, c'est le prix à payer pour aller au Machu Picchu (ça ou une rando encore plus chère).

Torrent boueux qui continue jusqu'à Agua Calientes, le patelin hyper touristique au pied du Machu Picchu.

À chaque croisement de train, les commerçants locaux chopaient le créneau pour essayer de nous vendre tout et n'importe quoi.
Pour le lever de soleil sur le Machu Picchu... on repassera. Ça valait bien le coup de se lever à 4h45 pour prendre le bus de 5h30... il y avait une queue de 20 mètres pour acheter le ticket (on avait pensé à celui pour le Machu Picchu -hors de prix, à peu près 50 euros-, mais pas à celui-là !), et le temps qu'on arrive en haut, le jour était déjà levé... On a joui d'une certaine tranquillité au début


mais ça n'a duré que 3 ou 4 heures (déjà bien). Pourtant, on est arrivé aux aurores et on était hors saison : je n'ose pas imaginer ce que ça aurait été en pleine journée en saison haute... Nous avons été obligées de faire la queue pour sortir. La brume m'a rappelé l'Écosse, sauf qu'elle apparaissait et disparaissait en l'espace de quelques secondes seulement, jamais vu ça encore.



n'était donc pas un montage sur la couverture du Lonely Planet : il y a bel et bien des lamas qui paissent paisiblement sur le site ! On les a même vus en train de se faire vermifuger. En regardant les ruines de plus près,


nous sommes tombées sur ce curieux spécimen de la nature :

un lapin à la queue d'écureuil
Le pic que vous voyez en face, c'est le Cerro Machu Picchu, du sommet duquel on jouit très probablement d'une très belle vue panoramique sur le site quand il n'y a pas de brume.


Comme 2 innocentes, nous avons fait la queue pour monter... et nous sommes faites refouler à l' « entrée » de la montée. Figurez-vous que pour aller en haut, il aurait fallu réserver une semaine à l'avance et payer 30 sols de plus ! Non mais franchement... Nous avons trouvé un autre point de vue tout aussi panoramique, à l'accès libre et moins fatigant.


la route en lacet qui va d'Agua Calientes au Machu Picchu
On a eu mal aux chevilles pendant 3 jours à la suite de cette ridicule balade de 2h, je n'ose pas imaginer l'état dans lequel nous aurions été à la fin du chemin de l'Incas...
Pour terminer, quelques photos d'Agua Calientes.

Rue de notre hôtel, coincée entre la ligne de chemin de fer et le torrent.

Marché sur lequel j'ai fait le plein de tee-shirts. Ils sont spécialement beaux et bien coupés dans ce pays.
Pour la première, j'ai vu un chien natif du Pérou.

Quelle élégance dans la posture.
  

En fait je me demande si ce serait pas un croisement entre un husky et un Sans-Poil péruvien... ou la créature d'un savant fou... Et je ne pouvais pas m'empêcher de rire à chaque fois que je passais devant l'enseigne de ce resto...

Désolée... mais j'ai des excuses : on revenait à peine du Titicaca.
 Et voilà la Minooch dans le train du retour... où la moyenne d'âge des passagers avait chuté. Forcément, vu que les courageux randonneurs ne poussent pas le vice jusqu'à faire le retour à pied.

08 février 2013

Tranquille à Taquile et folklo à Puno

Avant de continuer le récit de notre séjour lacustre, je vous fournis une petite explication qui ravira les férus de toponymie. Dans la langue des habitants des îles (l'aymara), titi signifie tigre (rien à avoir avec l'oiseau hydrocéphale) et caca (prononcer rara avec un r guttural) signifie gris, parce que le lac aurait la forme et la couleur d'un tigre gris (avec de l'imagination et une montgolfière). Et non pas titi pour le Pérou et caca pour la Bolivie, comment se plaisent à l'affirmer certains Péruviens facétieux (je vous rassure les Boliviens en font autant dans le sens inverse).
A l'origine, nous comptions passer une nuit sur la tranquille île de Taquile, mais le destin (sous forme de ferry capricieux, cf post précédent), en a décidé autrement... Nous avons dû nous rabattre sur l'excursion à la journée à partir de Punos, autrement dit : nous n'avons rien vu. 3 heures de bateau à l'aller (avec arrêt aux Uros), autant au retour... et seulement 2h30 sur place, sachant qu'en plus il fallait s'arrêter déjeuner. Nous avons tout juste eu le temps de monter la colline d'un côté, de manger au sommet et de la redescendre par l'autre côté. Et ce sans lâcher le groupe du bateau, sinon on aurait risqué de louper le retour. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça monte dur ! Nous en bavions déjà avec rien sur le dos, alors que dire des autochtones chargés comme des mules en ce dimanche, jour du seigneur mais surtout du ravitaillement.


On ramène de la terre ferme des denrées de première nécessité... et des superflues aussi (des cageots entiers de coca cola par exemple).

plantations de coca sur le chemin
Enfin arrivées sur la place, nous avons soufflé un peu aux côtés des tricoteurs.



Incroyable mais vrai : sur cette île les hommes se tricotent eux-même leur bonnet ! Rouge pour les hommes mariés, blanc pour les célibataires. Puis nous sommes allées reprendre des forces avec une délicieuse soupe de quinoa (spécialité d'ici) accompagnée d'une truite grillée.


Et il était déjà temps de redescendre.

un coucou au mouton au passage
.


Bref, bien trop rapide mais magnifique quand même. Ça m'a curieusement rappelé les îles éoliennes. À 17h30, nous étions déjà de retour au port de Puno.



Désolée, j'ai un faible pour les pédalos aux formes débiles. et sur le chemin de l'hôtel, nous sommes tombées sur cette manifestation folklorique.


Alors on n'a pas trop compris ce que c'était exactement, mais ce qui était clair, c'est que ce n'était absolument pas à vocation touristique et que les gens s'en donnaient à cœur joie. La bière coulait à flot (bien sûr j'en ai fait exploser malencontreusement une bouteille abandonnée qui a baptisé mon pantalon fraîchement lavé), les gens avaient sorti leurs habits de fête


et dansaient sur la musique de différentes fanfares.

Chef d'orchestre avec sa baguette dans une main, son capuchon de pluie dans l'autre. Car une heure auparavant c'était la méga saucée.
Sinon, c'est à Puno que j'ai découvert que ma viande préférée, c'est... l'alpaga !! Si mignon qu'il soit (je craaaque), je crois que je l'aime encore mieux dans mon assiette.


À mi chemin entre le canard (en moins fort) et le bœuf, très tendre, délicieux Enfin je saurai répondre à la question « Quel est ton animal préféré ? ». Vieux motard.

07 février 2013

Uros : indigestion d'îles flottantes

À se taper la tête contre les murs : à peine de retour à Puno, mon appareil photo se remet à marcher ! Du coup je ne lui fais plus confiance maintenant. S'il me relâche en pleine forêt amazonienne, je le jette aux gros codiles ! Que ce soit dit. 
À 10 heures du matin, nous étions déjà de retour à Puno après notre escapade à Llachón (à la campagne le concept de grasse mat n'existe pas, à 7h on tambourinait à notre porte pour le petit déj). Il était trop tard pour faire quoi que ce soit de notre journée (les départs pour les îles étant toujours aux aurores) à part les îles Uros, qui se trouvent à quelques kilomètres seulement. Ce sont des îles artificielles construites avec les roseaux qui poussent sur le lac... bref, du pas banal, mais aussi du très touristique. J'étais réticente et notre expérience a confirmé ce que je craignais. À peine arrivées sur une des 70 îles, on nous a fait asseoir en cercle

sur des saucissons en... roseau, bien sûr
pour une mini-conférence sur la fabrication et l'origine des îles. Ça avait le mérite d'être instructif. Comme j'ai tout entendu 2 fois (le lendemain en allant à Taquile aux aurores, passage obligé sur les îles Uros), j'ai compris beaucoup de choses bien que ce fût en espagnol. Remarquez, cette maquette parle d'elle-même, pas besoin d'être bilingue.


Les îles sont constituées d'une superposition de roseaux (totora). Tous les mois on ajoute une couche supérieure à mesure que la couche inférieure moisit dans l'eau. On les amarre au sol avec 4 piquets et de la ficelle pour ne pas qu'elles bougent : imaginez le malheur si elles se retrouvaient du côté bolivien du lac. Vous l'aurez compris, les Boliviens, ce sont un peu les Belges des Péruviens. Dessus, on a construit des maisons (en roseaux évidemment) qui doivent être changées tous les ans.

Les pointues sont les vieilles, et les carrées les nouvelles.
 Pourquoi ces îles flottantes, allez-vous me demander. Ça remonte à des centaines d'années lorsque le peuple des Uros a voulu se protéger des agressions des Incas. Je reviens à ce qui m'a déplu. Après la présentation, chaque habitant saute sur un touriste et le force quasiment à visiter sa hutte (« tu peux prendre des photos gratuitement, ce n'est pas comme ça sur toutes les îles »), qui n'est autre qu'un mini-magasin d'artisanat importé de la terre ferme (vu qu'ils n'ont absolument aucune ressource sur l'île). Et là, vu qu'ils t'ont expliqué 5 minutes auparavant qu'ils vivaient presque exclusivement du tourisme, tu te sens obligé d'acheter un truc hors de prix dont tu n'as absolument pas besoin.
Si j'ai bien compris, une partie des îles n'est pas accessible aux touristes et les habitants vivent de la pêche (à la truite essentiellement). Et comme il n'y a pas assez de poisson pour faire vivre tout le monde... A propos des truites, j'ai entendu dire qu'elles avaient été importées dans le lac (avec une autre sorte de poisson dont j'ai oublié le nom) et qu'il ne restent plus qu'elles car elles ont bouffé tous les autres poissons autochtones ! A méditer.. Après notre quart d'heure shopping forcé, on nous a proposé une traversée en « Mercedes Benz » en roseaux pour rejoindre la « capitale » (mêmes blagues lors des 2 visites). Pour un trajet de 5 minutes tu payes presque autant que pour l'aller-retour en ferry...


Mais un concert est inclus dans le prix : en guise d'au revoir, les habitantes de l'île nous ont chanté « Alouette, gentille alouette » et « vamos a la playa » (on a eu droit à exactement la même chose le lendemain sur une île différente). Non mais franchement...


Voici l'entrée de la fameuse capitale,


 son café bar restaurant,
                                                où nous nous sustentâmes bien sûr d'une truite (pas au roseau ceci dit, bien qu'une partie soit comestible)
 sa fleur de cactus cachée derrière une maison.


 Conclusion : malgré tout, ça vaut quand même bien une visite...

06 février 2013

Llachón ou le Titicaca sauvage

Je MAUDIS mon appareil photo!!! Je crois qu'il est sadique. Il m'a lâchée pile-poil au moment où, sans exagérer, j'aurais pu faire les plus belles photos de mon séjour. Après une nuit à Puno (grande ville au bord du lac Titicaca, à 7h de bus d'Arequipa), j'ai voulu m'éloigner un peu des sentiers battus. C'est ainsi que nous avons pris le chemin de Llachón, village sur la péninsule de Capachina dont la description m'avait mis l'eau à la bouche. Arrivées là-bas, nous avons sans problème trouvé une chambre chez l'habitant

vue sur le lac

notre maisonnette


et sommes parties explorer les environs avec un chien charmant qui nous a servi de guide (j'allais dire qui nous suivait comme un chien). C'est là que mon appareil photo a affiché « system error (zoom) » et qu'il n'y a plus rien eu à tirer de lui. J'en aurais pleuré de rage. La Mounich bien évidemment n'avait pas emporté le sien : « j'ai peur de le perdre et de toute façon je les prends toujours de traviole ». Nous sommes d'abord descendues sur la rive du lac en passant devant des champs de patates, de coca et autres plantes non identifiées. Malgré le crachin, l'éclairage était magnifique, la lumière de 17h comme je l'adore (il n'y a pas de mystère, c'est la clé d'une photo réussie). Il n'y avait pas un chat, mais en compensation, des vaches qui broutaient paisiblement, et des grands oiseaux qui prenaient leur envol sur un ciel gris-bleu lumineux, au-dessus du lac parsemé de roseaux... Puis, en remontant, nous avons croisé des troupeaux de moutons qui rentraient à la maison avec leurs bergers vêtus de couleurs chatoyantes, fait place à des ânes chargés comme... des bourriques avec des branches, et têtus comme le veut leur réputation, regardé les cochons qui jouaient sur la place de la mairie... Bref, ça manquait juste un peu de lamas et d'alpagas (j'ai l'impression qu'ils prennent un malin plaisir à m'éviter) mais c'était idyllique.
Il est 19h52, nous sommes déjà au lit après un dîner bien roboratif (soupe à la semoule et aux patates, puis patates sautées avec des œufs et du riz) arrosé d'une infusion de coca. Pas un son à part les ânes qui braient (purée quand ils s'y mettent ils font pas semblant).

 (…) Le destin est contre nous. De Llachón, nous comptions rallier directement l'île de Taquile, qui est juste à côté. Sauf que le week-end, il n'y a pas de ferry public, il aurait fallu prendre un bateau privé qui aurait coûté les yeux de la tête. Résultat des courses, on s'est retrouvé à prendre le minibus en sens inverse pour retourner à Puno (2 heures)... une fois aurait suffi, ah c'est sûr c'est folklo, à l'aller ça sentait la chèvre, et au retour le poisson. Un liquide jaunâtre dégoulinait sur le pare-brise, probablement de la soupe qui s'échappait d'un des containers empilés sur le toit avec nos sacs à dos et moult autres choses. A l'intérieur que des gens du coin... et nous serrées comme des sardines. Comme dirait Minooch ils ont tous des petites pattes ici, mais nous avec nos grandes guibolles ça passe pas, on est obligé de les mettre en diagonale ou sous le menton... Enfin ça fait des souvenirs.