10 mai 2010

31. Le sud du Sud... and the end :-(

Après la campagne profonde, le « asshole of New Zealand »... c'est vraiment l'expression consacrée, pas une invention de ma part!
Alors que nous ne comptions descendre que jusqu'à Invercargill, un automobiliste zélé nous a conduites jusqu'à Bluff, la pointe la plus au sud de la NZ. De cet angle, ce n'est malheureusement pas visible sur le panneau, mais le Pôle Sud ne se trouvait qu'à quelque 4000 km...




Une fois de plus, ne vous fiez pas aux apparences... Murray, notre chauffeur n'était ni un tueur ni un pervers, seulement un ancien alcoolique qui a remplacé la bière par le coca light, s'enfilant 5 litres par jour de cette infâme cochonnerie.
Après une nuit à Invercargill dont nous n'avons pas vu grand-chose, notre addict au coca nous a promenées un peu, profitant de ses congés.
C'est ainsi que nous avons vu la «petrified forest » dans la Curio Bay, une sorte de Pompéi végétal visible seulement 4 heures avant et après la marée basse. Après une éruption volcanique à l'âge jurassique, une pluie chargée de silice (tiens tiens... on a dernièrement échappé de peu à la « petrified Europe »!)est tombée sur la forêt, pétrifiant les arbres en l'espace de quelques jours.
Une description très prometteuse... rendant la réalité très décevante.

Ceux qui ont des bons yeux reconnaîtront peut-être mon ombre qui vous fait coucou.


Nous n'avions pas pensé qu'après 170 millions d'années (et d'érosion quotidienne par la marée!), il ne resterait plus que les troncs...



De près, un œil averti peut tout de même reconnaître le grain du bois.
Deuxième déception: une fois de plus, nous avons loupé les pingouins, ne pouvant pas nous permettre d'attendre la tombée de la nuit.



La véritable sensation du site, ce fut cela:



Une plâtrée de tagliatelle aux épinards? Non, des algues locales taille XXL.
Nous avons passé un bon moment hypnotisés à les regarder se mouvoir avec la marée qui montait.


Cela nous ayant ouvert l'appétit, nous sommes allés nous restaurer dans un adorable petit café





en pleine campagne avec vue sur les poules.

Non non, je n'ai pas inversé les photos...

On se serait cru en plein pays d'Auge, les lamas en plus.
Après avoir traversé en voiture la magnifique région des Catlins (malheureusement pas de photos), nous avons atteint le point final de notre voyage en NZ: Dunedin, ville aux accents très écossais: on peut commander du haggis dans les pubs, c'est pour vous dire.
Une dernière excursion avant de nous envoler vers d'autres horizons.
Chantez en cœur avec nous: l'Otago peninsula à pieds, ça use les souliers... et les doigts de pied. Profitant du temps magnifique (qui n'est pas légion dans l'île du sud) avons longé la côte, alternant route et sable,





jusqu'à l'extrémité, où nous sommes arrivées peu avant la tombée de la nuit. Autrement dit au moment où les pingouins (quand j'ai une idée dans la tête...) étaient censés regagner leur nid... Nous avons attendu patiemment et silencieusement dans le froid: il ne s'agissait pas d'effrayer ces délicates petites bestioles. Voici le résultat de 45 longues minutes d'observation:


en zoomant, vous apercevrez au centre de l'image le ventre d'un pingouin solitaire.

Humiliant, isn't it?
Vexées, nous sommes montées dans le premier avion pour l'Australie en espérant que les pingouins de là-bas seraient moins capricieux...

07 mai 2010

30. Vers, fjord et feu de bois

Après avoir fait un dernier plein de civilisation à Queenstown (tout étant relatif...), nous nous sentions prêtes à affronter le Fjordland au sud ouest, région réputée pour être la plus sauvage (graou)de Nouvelle-Zélande.
Une charmante Ecossaise qui ne roulait même plus les R* (intégration oblige)mais tout de même à gauche nous a conduites jusqu'à Ti Anau. Pendant les 2h de route, elle nous a raconté comment elle est passée du commerce du vin en Ecosse à l'ouverture de sa propre exploitation viticole en Nouvelle-Zélande. Very interesting. Les temps sont durs pour les saisonniers qu'elle emploie pour les vendanges : avant c'était la pénurie (pour les viticulteurs) et les pires fainéants étaient assurés de trouver un travail (et de le garder!), mais depuis la crise, les travailleurs affluent des 4 coins du monde et se montrent sacrément motivés... les exploitants peuvent donc se permettre d'être un peu plus sélectifs dans le choix de leur main-d'œuvre.
Une fois à Ti Anau ( j'ai eu Ramazzotti dans la tête pendant 2 jours biscotte of le nom du village... j'espère vous passer mon « Ohrwurm ») (à propos de vers...), grande déception: la seule attraction du village, la « Glowworn cave »... était fermée pour cause de... devinez... d'inondation, bien sûr!
Je tiens à rassurer les amis des animaux/les ânes sensibles (ou nonimm): non non, les pauvres vers luisants ne sont pas morts noyés dans d'atroces souffrances après une longue agonie... le niveau de l'eau a certes augmenté dans la grotte, empêchant le bateau touristique d'y pénétrer, mais ne l'a pas complètement immergée. Les vers continuent à luire en toute intimité au plafond.
Nous sommes allées noyer notre déception (et non pas les vers) au seul cinéma du patelin. On va pas se plaindre, c'est déjà miraculeux qu'il y en eût un, qui faisait d'ailleurs 2 en un (cinébar): les boissons commandées à l'entrée nous étaient apportées par la guichetière directement à notre siège, équipé d'une petite tablette pour poser le verre ou la tasse. En une soirée, nous avons vu tous les films au programme pendant la semaine (voire le mois), dont un très impressionnant documentaire sur le Milford Sound où nous sommes allées le lendemain.
Rien que pendant le trajet (en camping-car, cette fois-ci) nous nous en sommes mis plein les yeux.

vue sur le lac Ti Anau

Le Milford sound étant un fjord accessible uniquement en bateau, figurez-vous que nous avons été obligées de faire une croisière de 2h (la vie est dure) pour en admirer toute la beauté sauvage:
d'imposantes cascades,





j'ai dû arrêter de filmer parce que je ne voulais pas que mon appareil photo finisse comme la Glowworm cave. Petit conseil pour visionner cette vidéo correctement: soit vous faites pivoter votre tête de 90 degrés vers la gauche, soit vous tournez votre ordi de 90 degrés vers la droite...

de menaçantes falaises



avant l'arrivée sur la mer et le demi-tour.





Au passage, nous avons croisé quelques spécimens de la faune locale.



ces phoques placides m'ont rappelé les petits vieux sur leurs bancs au bord de la route. 

Des dauphins ont fait des pirouettes sous nos yeux épatés mais je n'ai pas été assez vive pour les saisir en plein mouvement avec mon objectif. Le seul témoignage que j'aie, c'est cette lamentable vidéo où avec un peu d'imagination, on peut deviner en arrière-plan les mammifères acrobates.
(...) Petit problème technique: je ne parviens pas à charger la vidéo... il vous faudra donc BEAUCOUP d'imagination pour voir des dauphins sauteurs.

Quant aux pingouins que nous étions censées voir... ils étaient en pleine partie de cache-cache professionnel. Brgnourf(grognement de frustration).

En compensation, nous avons aperçu un kea dans la cour de l'hostel où nous avons passé la nuit.



Kekseksa? Un perroquet alpin, unique dans sa catégorie. Il n'est pas farouche pour un sou, et, comme une pie, se jette sur tout ce qui brille. Bien qu'il soit vert (ce que la photo de nuit ne met spécialement en valeur), c'est la bête noire des automobilistes: son jeu préféré consiste à gratter la peinture des voitures...

mieux vaut l'avoir en photo sur sa voiture... qu'en vrai sur sa voiture.


J'en reviens à cette fameuse auberge au milieu de nulle part.. Le moins qu'on puisse dire, c'est que nous avons été accueillies. A peines arrivées, nous nous sommes vu proposer du travail (ne riez pas) ou plutôt un deal par le jeune réceptionniste: logées-nourries contre... le nettoyage quotidien des toilettes. Pourquoi pas? Vu que ce n'était pas la haute saison et que l'hostel était quasiment vide, il ne devait pas y avoir grand-chose à nettoyer. Nous y aurions réfléchi à 2 fois si nous n'avions pas un planning serré à respecter pour cause de billet d'avion déjà acheté.

Une vue pareille de la fenêtre de la salle de bains commune donnerait presque envie d'y travailler...

Nous avons pris la « navette »pour aller au pub... autrement dit le réceptionniste nous a conduites au seul lieu de rassemblement et de restauration existant dans un périmètre de 100 km, près du départ des croisières. Conformément à nos attentes, nous étions les seules clientes à part le personnel local. Nous avons sympathisé avec l'équipe du Blue Duck autour d'une Guiness gratuite... et à volonté: ils n'arrivent pas à écouler les stocks d'une soirée qui a eu lieu il y a quelques semaines. Là encore, nous avons regretté de ne pas être plus libre dans notre emploi du temps... Il n'est pas difficile de trouver du travail apparemment,

Le lendemain, nous sommes retournées à Ti-Anau avec un Japonais venu en Nouvelle-Zélande avec son fils... pour 4 jours..Nous avons eu droit à une petite introduction à la lecture des lignes de la main, notre chauffeur cumulant les activités de chef d'entreprise et... diseur de bonne aventure (fortune teller) astrologue. Nous avons beaucoup apprécié ce mélange des genres.
Mike, le botaniste maori (barman dans ses heures perdues) qui nous hébergeait à Ti-Anau, nous a confirmé la Triste Nouvelle: les Glowworm caves n'étaient toujours pas visitables. En guise de consolation, il nous a préparé un excellent dîner: du « venison » (chevreuil) avec des cèpes qu'il avait cueillis lui-même.

ça n'a pas l'air très appétissant comme ça... mais ne vous-a-t-on jamais appris qu'il ne fallait pas se fier aux apparences?!

Le tout devant un bon feu de cheminée et un dessin animé néozélandais. Le feu de cheminée, une constante en NZ... pas étonnant, puisqu'il remplace le chauffage central. Une manière très écolo et -nomique de se chauffer. La seule chose, c'est qu'il faut avoir du bois... ce qui n'est pas un problème à la campagne mais peut devenir très cher en ville.

Le lendemain matin, après une initiation au coupage du bois,



quand je serai grande, je serai nouvelle bûcheronne zélandaise

nous nous sommes remises en route... pour le grand sud.

*ni du camion, private joke pour LN

03 mai 2010

29. Tata Mélanie et Mémère Anke à Couine-stone

Quand on a mal partout et ne rêve que de repos, tisane, plaid et Derrick (paix à son âme), où va-t-on? A Queenstown bien sûr, capitale néozélandaise de l'adrénaline. Saut à l'élastique, parachute, parapente, swing au-dessus du canyon, rafting, jetboat... l'offre est large mais nous avons passé l'âge.
Heureusement, la municipalité ne laisse pas en reste les seniors: pour ceux qui n'ont pas les moyens physiques d'atteindre le sommet de la montagne en escaladant, il y a la fameuse « Skyline Gondola », un téléphérique qui y a hissé nos vieilles carcasses fatiguées sans que nous n'ayons à fournir le moindre effort.
De là-haut, vue imprenable sur le lac Wakatipu

nous avons observé les courageux jeunes se précipiter dans le vide, une corde à la patte



Mais que vois-je?! Une piste de luge toute saison!!!!!!!!!!!!!
La petite fille capricieuse qui sommeille en moi s'est réveillée d'un coup: JE VEUX FAIRE DE LA LUGE!!!!!! Damned, la piste était fermée... J'ai eu beau me rouler par terre, rien n'y a fait.


en guise de consolation, j'ai eu droit à ça


A la place, nous avons fait une jolie promenade durant laquelle nous avons vu moult villages de Schtroumpfs.



Pas étonnant, vu ce qu'il était tombé comme flotte les jours précédents.. La ville n'avait pas connu pareille inondation depuis 1999... zavez qu'à voir.


ce n'est pas tous les jours que cet hôtel se reflète dans l'extension du lac

que le lac est au même niveau que la rue


et que les arbres prennent des bains de tronc


Les commerces et restaurateurs de bord de lac ne faisaient pas les fiers,

soldes spéciales inondation

la majeure partie ayant dû fermer en attendant la baisse du niveau des eaux... y compris le seul café au wifi gratuit qui était aussi censé être le meilleur glacier de la ville. Damned x 2.


Tout cela, c'est la faute de mon ami le kiwi étourdi qui a laissé déborder la baignoire en faisant couler son bain.

Par chance, le cinéma n'était pas encore sous les eaux et ne passait pas que des navets américains.
C'est ainsi que nous avons vu notre premier long métrage néozélandais, « Boy », qui est aussi le premier bon film que nous avons vu au cinéma depuis le début de notre voyage. Il nous a démontré que les problèmes de l'adolescence maorie à la campagne ne sont pas si différents de ceux des ados de chez nous...
En espérant que ça sorte un jour en Europe... (qui sait?)

28. Trésors de bord de route

Mon médecin m'ayant conseillé de ne pas abuser des glaciers, on a fait l'impasse sur le deuxième, Fox (qu'un modeste premier ministre néozélandais a nommé d'après... lui-même), et on a très bien fait car vu le temps de cochon, on n'aurait rien vu du tout.
Cette fois-ci, nous n'avons attendu que 10 minutes sous le déluge (assez longtemps pour être trempées jusqu'aux os, ceci dit). Un jeune conducteur de bulldozers féru de photographie nous a conduites directement jusqu'à Queenstown... je vous rassure (ou vous déçois), il n'était pas en service. Il s'est arrêté tous les quelques kilomètres pour nous montrer des trésors cachés, comme cette plage qui, à première vue, n'a rien de particulier, surtout quand on passe devant à 100 km/h .



Mais quand on y regarde de plus près...



on s'aperçoit que des centaines de touristes de toute origine




ont laissé une trace de leur passage sur des galets.
Nous n'avions pas eu la présence d'esprit d'emporter un marqueur indélébile, alors nous avons fait avec les moyens du bord: un bulbe d'ampoule (Not macht erfinderisch).

le gribouillis en bas est censé être le début de mon prénom. No comment, please.

Un peu plus loin, nous avons entraperçu entre deux gouttes d'eau le paysage suivant

le « Knights Point »


et reçu quelques informations botaniques qui nous ont peut-être sauvé la vie (quand on se retrouve affamé au bord de la route, on est tenté de manger ce que la nature nous propose sans se renseigner au préalable sur la potentielle toxicité des plats figurant sur la carte)

Une petite baie tout à fait innocente en apparence... détrompez-vous. Une seule de ses graines peut tuer jusqu'à 10 hommes!! La baie elle-même (plus petite qu'une groseille) est une délicatesse maorie, servie « dégrainée » (on dit bien « épépiner »...) lors des repas de fête... on peut dire qu'ils ont le goût du risque. En tout cas, ils ont plutôt intérêt à s'entendre avec leur cuisinier.

Quelques dizaines de kilomètres plus tard, nous avons rencontré un parfait exemple de mise en abîme:


une cascade sous une cascade

Deux lacs plus tard,

Imaginez ce que ça donnerait avec du soleil...

nous atteignions les environs de Queenstown qui se cache au milieu des montagnes.

01 mai 2010

27. Ça glisse au pays des kiwis

Après le saut en parachute et la nage avec les dauphins, qu'est-ce qu'il reste à faire, sachant que le saut à l'élastique ne nous a jamais tentées?
La marche sur glaciers, œuf corse.
Cette fois-ci, c'était mon idée... Ça vous étonne, hein? J'ai dû trop regarder Cousteau dans ma jeunesse.
N'étant pas assez lève-tôt pour la « full day excursion », nous avons opté (enfin, il n'y avait plus trop le choix) pour la « half day »... ce qui a amplement suffi.
Une fois de plus, on nous a affublées d'un costume ridicule,

un Schtroumpf inversé prêt pour l'aventure. Admirez le sac banane (à l'envers) contenant les crampons dentés (chaipas le terme technique en français, en anglais c'est tout bêtement « couème-pongs ») que nous allions accrocher à nos chaussures un peu plus tard

puis on nous a faites monter dans une navette qui nous a conduites à 2km du pied des glaciers, qui, de loin, ressemblent à une vulgaire pente enneigée.




Mais quand nous avons eu le nez dessus, nous avons moins fait nos malignes.



Surtout Anke qui a peur de tout ce qui glisse et qui a eu le cran de m'accompagner malgré tout dans cette promenade pour givrés.

Nous avons chaussé nos crampons

les dents de la glace

et nous sommes aventurées sur un terrain plus que glissant. Finalement, c'était plutôt amusant

tout le monde s'éclate à la queue leu leu


même moi

malgré la pluie incessante. Notre petit guide malaysien


le pic à glace, c'est pour nous assassiner une fois arrivés au sommet?

nous a expliqué que cette région enregistre des records en matière de précipitations (si on aurait su...). 260 jours de pluie en moyenne par an, et pour l'anecdote, il a plu une fois en 12h autant qu'en Grande-Bretagne en un an. Pourquoi un tel déluge? Parce que les nuages sont coincés entre 2 montagnes, tout simplement. Ces conditions atmosphériques sont censées expliquer également la survie du glacier mais désolée, moi y'en a pas avoir tout compris même si j'ai fait des progrès notables en compréhension orale de l'anglais. Par contre, je peux vous raconter l'origine du nom du glacier (au cas où vous n'auriez pas deviné). Exploré pour la première fois en 1865 par les Européens, il a été rebaptisé par l'un d'entre eux, l'Autrichien Haast (qui a d'ailleurs très modestement donné son nom à une ville assez sordide à quelques dizaines de km des glaciers) qui, en manque d'inspiration, n'a rien trouvé de mieux que de lui le nom de son empereur... Je préférais le nom maori (« les larmes de la fille de l'avalanche ») (qui a perdu son fiancé qui a trop fait son malin dans le glacier), ces Européens n'ont vraiment aucune poésie.
J'en reviens à notre ballllade (avec autant d'ailes que je veux, Monsieur O'Nimouse) (en l'occurrence, 4 parce que nous étions 2x2 jambes). Une fois de plus, le hasard est ironique: c'est Anke qui était morte de trouille...

surtout qu'on nous a fait passer par des « failles »deux fois plus hautes que nous et à peine plus larges

et c'est moi qui me suis abimé la jambe contre un bloc de glace qui a eu le culot de se mettre en travers de mon chemin...
Je vous épargne la photo de mon genou tuméfié mais sachez que ce n'est pas beau à voir.
Ça m'apprendra à faire des infidélités à mon glacier préféré:

26. On the road to the wet wet West

A part les dauphins, pas grand-chose à Kaikoura, mignonne petite station balnéaire qui a été construite seulement dans les années 30, au même moment que la grande route qui relie Picton à Christchurch.
Surtout un dimanche. C'est pourquoi une fois la Mission Accomplie (barbotage avec les cousins sauvages de Flipper), nous nous sommes mises en route pour Hanmer Springs, petite station thermale dans les terres.
La réceptionniste de l'hostel nous avait indiqué un endroit stratégique pour le stop: «10mn walk »...
Une heure et 3 opossums écrasés plus tard,

ça change des hérissons. On aimerait bien en voir un vivant un jour... Selon les autochtones, c'est une vraie vermine qui déséquilibre la chaîne alimentaire et s'attaque même aux arbres. Ceci dit, les gants en fourrure d'opossum sont censés être très chauds. C'est d'ailleurs pour sa fourrure qu'il a été introduit en NZ, à l'origine.

nous n'y étions toujours pas... la réceptionniste avait dû confondre « à pied »et « en voiture »...
Never mind, le paysage était magnifique et nous sommes finalement arrivées au croisement stratégique... stratégique mais désert. Même pas un cadavre d'opossum, c'est pour vous dire.
Heureusement, un sympathique couple de retraités australiens nous a prises en pitié.

les bovins aventuriers n'ont pas contribué à accélérer notre vitesse de croisière

3h et 146 km plus tard (faites le calcul), nous étions arrivées à destination.
Dans ce pays où tout ferme à 17h, les thermes de Hanmer Springs constituent une exception notable: nocturne jusqu'à 21h tous les soirs, même en basse saison... Autant vous dire que nous en avons profité.
Dans une ambiance vaporeuse, nous avons fait trempette dans plusieurs bassins de température et composition différents: certains salés, d'autres sulfuriques... il m'a fallu le temps avant de saisir que l'odeur ne venait pas des toilettes.
En revanche, je me suis très rapidement aperçue que je ne tenais pas plus de 10mn dans un bassin d'eau chaude. Quand même un peu ballot, sachant que c'est le principal intérêt du site.
Du coup, je suis allée faire des longueurs dans le seul bassin d'eau froide... et ai réalisé à quel point mon sport préféré m'avait manqué.
Relaxées (comme si nous étions stressées...) mais toujours aussi courbaturées de notre rando aux Saw-Cut gorges (je ne peux même plus me baisser), nous sommes allées nous poser dans un tout petit hostel (4 chambres, 11 lits) tout mignon, tenu par un Hollandais baroudeur et perfectionniste. En 8 ans de voyage autour du monde (on est vraiment des petites joueuses) il a bien testé la moitié des bagpacker hostels de la planète, y travaillant même de temps en temps. Ce qui lui a permis de piquer des idées un peu partout, ne prenant que le meilleur pour ouvrir le « perfect hostel ». Maison boisée pleine de charme, propreté irréprochable, free kiwis (fruit... qu'est-ce que vous alliez vous imaginer), free coffee (et du vrai, please! Du jamais vu en hostel) et hot chocolate (avec du vrai lait, please), free ice cream (il aurait mieux fait de ne rien me dire), épices à disposition, bouillotte sur chaque lit, internet pas cher alors qu'on est dans un trou... Je précise pour ceux qui s'étonnent de mon émerveillement qu'en général le petit déj n'est pas inclus dans les hostels et qu'au mieux, du mauvais café en poudre est à disposition..
Si jamais l'un d'entre vous passe par là:
Seul bémol: le chat de la maison qui te saute dessus à 7h du matin (ça énerve) et qui vient t'épier aux toilettes (ça surprend). Pernicieuse bestiole. Mais il faut avouer que ça a son charme... (même si j'aime pas les chats)
Nous serions volontiers restées plus d'une nuit mais notre timing commence à être serré... alors que nous avons déjà repoussé de 10 jours notre prochain vol. Notre Hollandais a poussé la perfection du service jusqu'à nous conduire à la grande route... où ont commencé 2 jours de stop un peu laborieux et très humides pour les impériaux « Franz Joseph Glaciers », sur la côte ouest.
Nous avons appris la patience et inventé de nouveaux jeux que nous devrions faire breveter

le jeu des graviers: celle qui arrive à viser le plus de fois le poteau avec un caillou a gagné

Anke, vexée de ne pouvoir égaler mon score (14 à 5...), s'est réfugiée dans la lecture. C'est pas comme ça qu'elle va améliorer ses compétences de tir.

mais qui ne marchent qu'en cas de beau temps...

même quand on est doté de la plus angélique des patiences, au bout de 2h, on se lasse... et se mouille. Ça te rappelle pas des souvenirs, ma belle Hélène?


Nous avons quand même fini par arriver à ces satanés glaciers... sous une pluie diluvienne.