21 janvier 2013

Petit crochet improvisé à la montagne (2) : Huancavelica

Après 4h de bus sans événement notable, 

                                     J'ai adoré les peintures hyper réalistes de la façade de ce dispensaire devant lequel le bus est passé. Pour les analphabètes... ou les touristes monoglottes?
nous étions arrivées à Huancavelica, charmante petite bourgade de montagne. Un de nos endroits préférés pour l'instant. Déjà, c'est relativement calme, donc après les klaxons de Lima et Huancayo, ça repose les oreilles (qui sont bouchées par l'altitude, de toute façon). Et puis ce n'est absolument pas touristique, nous avons dû croiser 5 autres Occidentaux en 24h en tout et pour tout. Seule ombre au tableau : le mal des montagnes. C'est encore 500m plus haut que Huancayo, et la Mounich n'a même pas pu dormir car elle avait l'impression d'étouffer. Nous n'avons fait que nous balader et nous en sommes mis plein les yeux. Le choix des photos a été très difficile, en voici une petite sélection. La plupart parlent d'elles-mêmes et n'ont pas besoin de commentaire. Nous avons commencé par explorer le centre :





Ils se sont pas foulés, ils auraient pu faire des dessins...
Vous ne verrez pas les tricoteuses qui ont refusé de se faire prendre en photo, quel dommage.
Ça c'est une petite église juste à côté de notre hôtel.


Il y avait une tripotée d'églises dans cette ville, d'ailleurs. Sur la place principale entre autres :

Allez,on va voir si vous suivez :quel est le nom de cette place ?
 En face, les vendeurs de jeux de société et de livres sous les arcades :


Malgré notre souffle court, nous nous sommes dirigées vers les hauteurs de la ville.



laveuses de linge juste à côté des termes

Le hasard de nos pas nous a conduites à ce petit marché.


Un bonhomme qui trouvait la Moonich bien maigre nous a offert une assiettée de yuyu.


Des herbes de montagne avec des patates et du mais grillé (on sert ça comme des cacahuètes ici)
On venait à peine de petit-déjeuner grassement (cf plus tard) mais c'était délicieux. D'après le monsieur, c'est idéal pour les lendemains de cuite (le Mac Do des Andins?). C'est d'ailleurs pour ça qu'il était venu. En montant encore un peu plus, nous nous sommes retrouvées en pleine campagne.



De retour dans le centre, nous sommes tombées sur le marché aux patates.

un échantillon seulement des 200 sortes de patates qu'on trouve au Pérou
Petite parenthèse pour vous présenter la version supermarché (prise à Lima le 1er jour) de cette photo :


Nous voulions du folklore, nous avons été servies ! Nous sommes tombées complètement par hasard sur un spectacle de rue.

                                                   Les 2 zigotos prenaient un malin plaisir à épouvanter les jeunes filles avec leurs fouets.
 Un orchestre a commencé à jouer, et des gens joliment costumés se sont mis à danser en plein milieu de la rue.


Encore une fois (cf 2e post sur Lima) je me suis fait avoir... nous avons été entraînées contre notre gré dans une folle farandole dont nous ne maîtrisions absolument pas les pas. Enfin, je ne suis plus à ça près.


 Et le temps, ma bonne dame? Eh bien il était extrêmement capricieux l'animal. Ça pouvait passer d'un extrême à l'autre en l'espace de quelques minutes. Soit le soleil tape (j'ai frôlé l'insolation) et tu maudis ton coupe-vent doublé polaire qui t'encombre bougrement, soit un mauvais vent froid commence à souffler, assorti d'une bonne averse avec un peu de chance, et là, ton coupe-vent polaire étanche, tu le bénis... Tous les autochtones ont les joues rouges à cause de ces variations climatiques brutales, je me suis sentie parmi les miens !!

 Petit encart gourmand... Pour une fois, le petit dej n'était pas inclus dans le prix de la chambre, ce qui nous a permis d'échapper au pain (tout aéré qui ne cale pas du tout)-beurre-confiture (toujours de fraise) habituel (mais pas si mauvais ceci dit) et de goûter aux pâtisseries locales qui nous faisaient de l’œil dans les vitrines depuis plusieurs jours.


Ici, le keke (en 1er plan) n'est pas un djeune qui fait le malin, mais une espèce de génoise. Le leche asada est une,. sorte de crème renversée, qu'on a eue en 2 versions : nature en en petite tarte. Préférence du public : l'alfajor (à droite, derrière le café), composé de 2 ou 3 biscuits épais collés par du caramel. Le tout arrosé de lait au café instantané... car oui, c'est désespérant, mais un pays producteur de café comme le Pérou ne sert que du lyophilisé!! (sauf dans certains cafés ou du coup c'est beaucoup plus cher).
L'avantage de la province, c'est qu'on mange pour vraiment rien. Pour 4 soles (à peine plus d'un euro), on a un repas complet ! Entrée (en général une soupe bien roborative), plat (viande ou même truite, avec dans la majorité des cas du riz et des patates) et boisson. C'est d'autant plus économique que pour les petites joueuses que nous sommes, un repas pour 2 suffit largement (on laisse toujours du riz).

17 janvier 2013

Petit crochet improvisé à la montagne (1) : Huancayo

A quoi ça sert d'élaborer de beaux itinéraires à l'avance, si le Paris-Dakar vient tout foutre en l'air ? Nous (ou plutôt je) avions (avais) prévu de descendre la côte en passant par Pisco et Nazca, mais à cause de cette satanée course tous les hôtels étaient complets pendant plusieurs jours. C'est ainsi que nous avons fait un petit détour par la montagne avant de rejoindre Pisco. Première étape : Huancayo, 3 200m d'altitude. Pendant les 7 heures de trajet en bus, on a tout d'abord traversé des kilomètres de bidonvilles (je crois) construits sur des dunes. Ça m'a un peu rappelé les village de montagne italiens, en version délabrée. 


Le paysage était magnifique... et mon appareil photo un véritable sadique. La batterie m'a lâchée pile-poil au moment où on zigzaguait entre d'immenses roches blanches... que je n'ai pas revues ailleurs depuis:-(
Dès l'arrivée, le mal des montagnes s'est fait légèrement sentir(tête qui tourne). Sur le coup, je ne savais pas si c'était ça ou les effets secondaires des Pisco Sour de la veille, mais vu que les symptômes étaient toujours là le lendemain, j'en ai déduit que c'était bien le fameux «soroche ». La montée d'un escalier relève de l'exploit sportif, le cœur bat beaucoup plus vite... La ville n'a rien d'exceptionnel en soi, il y a beaucoup de circulation, c'est bruyant et pas spécialement joli, à part la place principale,


qui pour une fois ne s'appelle pas la Plaza de Armas mais de la Constitución. Ceci dit, le marché du dimanche était fort intéressant, avec plein d'artisanat local.

  stands de poupées, sacs, écharpes, bonnets... la majeure partie en laine
« Les Péruviennes sont de sacrées tricoteuses, Mamie peut aller se rhabiller. » (sic, Minooch)

eh oui, elles vont même jusqu'à tricoter des slips en laine
Nous pensions que les femmes avaient revêtu leurs habits traditionnels parce que c'était dimanche, mais non, le lendemain elles étaient toujours habillées pareil, pour le plaisir de nos yeux ! Presque toutes étaient coiffées de 2 tresses, qui, assez souvent, étaient rattachées l'une à l'autre par un fil, probablement pour ne pas qu'elles reviennent à l'avant au premier mouvement (ou coup de vent).


Un métier original (pour nous!) qui semble assez répandu ici : peseuse (ou peseur) de rue. Jusqu'ici nous en avons vu dans toutes les villes où nous sommes allées.


Tu donnes une petite pièce en échange de ton poids. Pas mon truc, il faudrait plutôt me payer pour que j'accepte de me peser.
J'ai forcé la Minooch à manger (après le coup de la chèvre et du serpent, elle se méfie...) du cuy picante (oui oui, ça se prononce bien « couille »), autrement dit du cochon d'Inde sauce piquante. C'est pas mauvais, ça a le goût du lapin, mais c'est moins sec. Par contre (je cite Minooch), « y'a pas grand-chose à grignoter sur ses petites papattes ».

Les 2 énormes trucs en dessous sont les inévitables patates...
Après nous être fait fouetter par une averse de grêle (les grêlons étaient gros comme des billes, j'ai même saigné après en avoir reçu un sur le doigt !), nous avons sauté dans un bus pour Cochas, village dédié à la ciselure et à la peinture de calebasses. Vu le temps (et la Minooch qui n'avait pas pris son K-Way), nous ne sommes pas allées plus loin que le parc touristique qui, ma foi, était très joli.



Il a plu sans discontinuer pendant toute la durée de notre visite et j'ai généreusement prêté à la Minouch mon chapeau de soleil tout neuf pour protéger sa tignasse.


Spéciale dédicace pour Sarah
 Le spectre de notre repas du midi est venu nous hanter...

Vous ne trouvez pas qu'il ressemble à une grosse saucisse à tartiner ?
 Et pour finir, l'inévitable Père Noël...


Le lendemain, nous avons pris un bus pour rallier la destination suivante, Huancavelica (4h). Nous étions les seules touristes, et le chargement de la soute a constitué pour nous un véritable spectacle. Entre les énormes sacs de laine,


les matelas,


les planches en bois, les cageots divers, les sacs de patates etc... c'est nos sacs à dos qui faisaient figure d'intrus ! Mais heureusement, pas de poules vivantes cette fois-ci. Ça on y a eu droit plus tard, et je peux vous dire que quand on rouvre la soute au bout de12h, ben ça sent pas la rose.

12 janvier 2013

Lima, ses lamas et son lomo

Le lendemain, nous avons poussé jusqu'au centre historique en bus, c'était folklo... La direction n'est pas forcément celle qui est indiquée sur le bus, il faut écouter le « crieur » ou la « crieuse » qui beugle le nom du terminus par la porte à chaque arrêt et qui en même temps s'occupe de récolter l'argent (et de répondre aux questions des néophytes). Bref, il ou elle a intérêt à avoir de la voix et à être multitâche. La ville est assez agréable, ce n'est pas le choc culturel de l'Asie. Voici la place principale (nommée Plaza de Armas comme dans toutes les villes que nous avons vues jusqu'ici) sous un beau soleil.


détail du palais du président (sur la même place)
 Nous y étions pile-poil à la bonne heure pour voir les gardes « lever la patte » (devinez qui je cite), c'est-à-dire effectuer quelques petits pas de danse pour la relève de midi. Nous nous sustentâmes d'un lomo saltado
bœuf aux oignons servi avec des frites et du riz et d'un ceviche

                             poisson mariné dans du jus de citron avec du piment et plein d'oignons,servi avec des tranches de pomme de terre 
En-dessous d'une statue dédiée à José de San Martin, le libérateur du Pérou,


petit détail amusant :

Pardon Madame, vous avez un lama sur la tête.


 Les ouvriers espagnols ont mal interprété la commande et au lieu de coiffer la Madre Patria de flammes (llamas en espagnol), il lui ont collé un lama (llama aussi) sur la tête !! Ou alors (hypothèse que je privilégie) ils avaient très bien compris et c'était des petits plaisantins. Sinon, on a continué à voir des sapins, des crèches et des Pères Noël absolument partout...


J'ai lâché la Minooch une soirée (ou plus exactement, c'est elle qui a préféré son lit) pour aller voir un spectacle de danses traditionnelles avec José.et ses oncles et tantes. J'ai goûté pour la première fois le cocktail national, le fameux pisco sour, à base de pisco (alcool fort), jus de citron vert, sirop de canne, blanc d’œuf battu et guarana (pour neutraliser le goût du blanc d'oeuf). C'est excellent mais... c'est traître. Ça se boit comme du petit lait...

visez un peu ma descente
 sauf que c'est pas du petit lait, et ça, tu le comprends seulement au bout du 3e verre et c'est déjà trop tard. Je me suis à peine défendue quand on m'a forcée à danser (que dis-je, massacrer) le French cancan seule sur scène avec l'autre Française de la salle. N'insistez pas vous n'aurez pas les photos.

11 janvier 2013

Hola Lima, c'est nous que voilà !

Le repas du 31 à peine digéré, nous nous dirigions vers la capitale pour notre vol Paris-Lima via Madrid. Le trajet en avion s'est déroulé sans encombre à part quelques désagréments olfactifs (« Nous prions nos aimables passagers de remettre leurs chaussures ») et la Minooch que j'ai regretté de ne pas avoir bâillonnée et ligotée. « Il a la même tête que celui qu'on voit sur la couverture du Lonely Planet ! *» s'est-elle exclamé en me montrant du doigt un Péruvien assis dans la rangée d'à côté. « C'est vrai qu'on risque d'en voir quelques-uns, des bruns au teint mat » a-t-elle admis devant ma mine affligée. No comment.

 * Il s'agit du vieux Lonely Planet de 2007 qu'elle avait emprunté à la bibli, pas de l'actuel avec un lama (pour ceux qui s'inquièteraient)

Un chauffeur (brun au teint mat, ça alors!) nous attendait à la sortie, ça ne m'était encore jamais arrivé je crois ! Il nous a conduites chez les grands-parents de José. Nous avons impitoyablement tiré ce dernier du lit aux aurores, avant de le lui emprunter pour terminer notre nuit. Ah oui pour ceux qui ignorent de le savoir, José c'est mon ancien coloc de Bonn, qui par un heureux hasard se trouvait dans sa famille au moment où nous sommes arrivées à Lima. Parce que maintenant, il habite à Washington. Vous vous sentez géographiquement confus ? C'est normal. Nous sommes restées déjeuner et avons à cette occasion goûté notre première spécialité péruvienne : le cau cau.

des tripes en sauce avec des patates et du riz.

La Minooch se régale.
 J'ai laborieusement tenté de mettre en pratique mes rudiments d'espagnol avec les grands-parents... un supplice pour la perfectionniste que je suis.
C'est la panse bien remplie que nous avons rejoint l'hôtel que j'avais réservé. Un vrai taudis (j'aurais pu m'en douter, le prix était louche). Ils avaient pas passé l'aspi depuis au moins 6 mois, on se serait cru dans l'appart d'un mec qui vient d'emménager seul pour la première fois (je ne vise personne), les draps n'avaient pas été changés... Bref, nous ne sommes pas attardées et avons fait une belle promenade dans Miraflores, le quartier chic aux falaises qui bordent la mer.


Le Parque del Amor avec ses mosaïques m'a curieusement rappelé le Parc Guell de Barcelone.



Admirez l'éclairage bien placé
 La crèche géante vous rappelle que eh oui, malgré les 25 degrés, on n'est que début janvier.


Ici, on ne badine pas avec les décos de Noël...

le sapin du centre commercial Larcomar