28 mars 2012

Les Bronzées à Sapa

Depuis le temps que je voulais y aller, alléchée par les magnifiques photos de rizières en terrasses vues dans les magazines...
Sapa... raît pas loin comme ça sur la carte (même pas 350 km au nord-ouest d'Hanoï, à la frontière chinoise), mais il ne faut pas moins de 12 heures pour s'y rendre en bus de nuit puisque c'est tout là-haut sur la montagne à 1600 mètres d'altitude. L'aller fut épouvantable. A 2 sur une couchette plus petite qu'un lit une place (mais étudiée pour 2 personnes), faut pas être obèse moi je vous dis, pas d'aération ou alors ça ne se remarquait pas, pas de toilettes et un arrêt seulement. Heureusement que Gérard Depardieu ne voyageait pas avec nous.
Le retour en train (de nuit également) fut plus cher mais plus confortable et plus court.
Si vous venez à Sapa pour vous reposer, c'est raté. Enfin c'est possible mais il ne faut pas sortir de l'hôtel. Dès qu'on met un pied dehors, on est littéralement assailli par des femmes des tribus de montagne qui viennent de leur village pour te vendre leur « artisanat » (fabriqué la plupart du temps à la chaîne en Chine paraît-il). Elles te poursuivent, il n'y a pas d'autre mot. Elles sont extrêmement avenantes et sympathiques et parlent un anglais impressionnant, mais quand tu sais que c'est à des fins commerciales, ça refroidit un peu... D'un autre côté on les comprend : elles ne vivent pas dans l'opulence et il y a de l'argent facile à se faire.
Moi qui adore qu'on me fiche la paix... j'étais comblée.
J'ai quand même fini par acheter un bracelet donc je ne voulais pas à la « Red Zao » (tribu dont l'une des particularités vestimentaires est le fichu rouge que les femmes portent sur la tête) qui nous a suivis toute la journée (nous + 3 Anglais et notre guide) lors de notre excursion dans son village à elle (Taphin).
Sinon le village (fondé par les colons français au début du 20e siècle) est tout à fait charmant, ça fait petite station montagnarde, avec une vue sur les montagnes de quasiment partout QUAND IL N'Y A PAS DE BROUILLARD, c'est-à-dire jamais, du moins en cette saison.

notre balcon de la guesthouse duquel on était censé avoir une vue imprenable sur les montagnes


là bizarrement davantage de grosses voitures que de mobylettes et de vélos

Ceci dit nous avons eu de la chance avec le temps car une semaine avant c'était encore ambiance sports d'hiver, la neige en moins. En témoignaient ces bars qui se targuaient de servir du vin chaud, ces restos dont la devanture proclamait « we have fireplace ! », et les fourrures polaires et anoraks dans les devantures des magasins.
Là en l'occurrence, c'est surtout d'un ventilateur et d'une bonne binouse bien fraîche qu'on avait envie...
On a fait ce qu'il y a à a faire à Sapa : on s'est baladé dans les rizières brumeuses.
Le premier jour, direction Cat Cat (à pied, c'est un comble!), le village (Hmong) le plus proche, et le seul qui soit accessible sans guide, avec entrée payante malgré tout.

Ça aussi c'est un comble, surtout que les habitants ne voient pas un centime de l'argent versé, si j'ai bien compris. Bon, c'était joli quand même.




beaucoup de boutiques d'artisanat sur le chemin

Le plus beau, c'était le retour au coucher du soleil, d'autant plus que la brume était elle aussi allée se coucher et qu'on avait enfin un peu de visibilité.

décidément, les chiens semblent apprécier ce genre de spectacle (cf Koh Phayam)

Si vous regardez bien, vous verrez le reflet du soleil dans la rizière...

Je vous préviens vous allez en bouffer du coucher de soleil car ils se sont particulièrement appliqués ces derniers temps...

On a assisté à la remontée des buffles...



no comment

Café bien mérité au retour...



la vue de la terrasse ne gâche rien

Le lendemain, direction un autre village, Taphin, cette fois-ci en groupe avec une guide car pas possible autrement. L'avantage, c'est qu'elle a pu nous expliquer ce qu'est cette plante mystérieuse qu'on voit pousser partout.

Ce sont des feuilles d'artichaut dont on fait de la tisane qui contrairement à ce qu'on pourrait craindre, n'est pas si mauvaise, même plutôt bonne ! On en trouve chez nous chez tous les bons asiatiques.

L'inconvénient, c'est le passage obligatoire par une école où on a l'impression d'être dans un zoo humain. On peut pas les laisser apprendre en paix ces gosses ?! Déjà que l'école n'est gratuite que pour 2 enfants par famille... (ils sont en général une dizaine)
Ceci dit les paysages étaient magnifiques :





des gros cochons (ou plutôt grosses cochonnes) partout

la lourde souplesse des buffles m'épatera toujours... ils passent lentement mais sûrement d'une terrasse à l'autre sans jamais faire de roulé-boulé (quel dommage)

sur le chemin, plein de petits bonshommes et petites bonnes femmes tout crottés et tellement mignons

rizières inondées


de retour à Sapa, notre guide (Hmong si je ne me trompe) retrouve son petit garçon.

Sinon, désolées, on est reparties sans avoir goûté les spécialités locales, la « sapa tartiflete » (le t unique n'est pas une faute de frappe) et le chamois frit... décevantes, n'est-ce pas ? Ceci dit, nous avons testé le bœuf aux champignons de montagne (très bon mais pas de photo) et la salade aux fleurs de bananier (pas franchement typique d'ici, j'en avais déjà mangé ailleurs).

C'est un peu râpeux mais avec les autres ingrédients + la sauce goûtue, ça passe bien.

Sur ce je vous laisse, on va aller (devinez)... manger !

25 mars 2012

Boire, déboires et manger à Hanoi (partie 2)

Sinon la série noire continue pour la Reum. L'autre jour, elle m'a fait la frayeur du séjour (à côté de ça, le coup de la noyade, c'était rien) en faisant un roulé-boulé doublé d'un cognement de tête contre la roche en descendant les marches (plus que glissantes) d'un des temples de la pagode des parfums. Je m'attendais au pire (vu d'en haut c'était vraiment impressionnant) mais elle s'en est tirée avec une bosse, des bleus et quelques égratignures (alors que le gros doigt de pied commençait à cicatriser...) (ça, c'est une autre histoire... c'est quand elle nous a fait le culbuto en courant pour ne pas être en retard pour le bus après la pause pipi). Moi par contre, j'en ai tremblé pendant une heure !
Le soir même, elle n'a rien trouvé de mieux que de se faire éventrer son sac à main au cutter en pleine rue... et se faire piquer son porte-monnaie. Du grand art. Le sac était rempli de bric-à-brac, et ils ont trouvé immédiatement trouvé ce qu'ils cherchaient.
Évidemment, cet incident est arrivé pile-poil le lendemain du jour où j'avais réussi à retirer une grosse somme d'argent d'un coup pour nous 2 (environ 300 euros au lieu des 80 habituels, pour la même commission. Vive la City Bank). Butin : environ 150 euros.
Pour résumer : faites gaffe aux pickpockets, ils sont vraiment très forts.
Pour en revenir à la pagode des parfums, lieu du roulé-boulé, l'excursion à la journée ne fut pas de tout repos.
Nous avons d'abord dû faire 2 heures de bus pour rallier ce complexe de pagodes situé à 60 km au sud-ouest d'Hanoï. Oui vous avez bien calculé, vitesse moyenne de croisière 30km/h, quoique avec l'arrêt obligatoire de 30mn dans un grand magasin d'artisanat ça fait plutôt dans les 40, et ça suffit largement vu l'état des routes.

le paysage par la fenêtre sale du bus (et non pas des profs) (comprenne qui pourra)

cohabitation pacifique des rizières, des tombes et des temples. Au début ça surprend mais on trouve rapidement cela très joli. Je me demande juste si le riz qui pousse dans cet environnement a un cachet spécial (comme le café qui passe par la crotte des belettes, hors de prix, cf plus tard).

A l'arrivée, nous avons compris l'ampleur du fameux festival bouddhiste dont j'avais entendu parler sans vraiment penser aux conséquences pratiques. D'après notre guide, le site pouvait voir venir jusqu'à 500 000 personnes par jour le week-end... et nous étions samedi. C'est un euphémisme de dire que nous n'étions pas les seuls. Pendant le trajet en barque jusqu'au site nous avons eu droit à au moins une centaine de « helloooo ! » enthousiastes des pèlerins locaux matinaux qui étaient déjà sur le chemin du retour.

joli panorama malgré le ciel trouble

maudite soit l'Allemande (évidemment) qui me gâche ma photo avec son gros bras

vendeuse de café flottante


Le nombre impressionnant de barques sur le débarcadère laisse augurer de la cohue sur le site

Sur le chemin entre le débarcadère et l'entrée sur le site, une enfilade de restaurants que pour une fois, j'étais contente de ne pas pouvoir tester.

si je ne me trompe : une jambe de cerf, un porc-épic et une belette

cherchez l'intrus

encore plus loin dans le gore... toujours le même trio infernal

Notre récompense après la montée de quelques marches :

entrée de l'une des pagodes principales, soit la porte de Tham Quan à la pagode de Thien Tru (merci internet pour ces indications toponymiques)


là on voit encore mieux la foule... On a d'ailleurs réussi à perdre notre groupe pendant presque une heure...


adorable petit dragounet un peu plus au calme dans le jardin de cette pagode

C'est après que ça se corse. Les escaliers continuaient, continuaient, jusqu'en haut de la montagne, il crachinait, et j'étais chaussée d'une paire de tongs... qui menaçaient de rendre l'âme d'une minute à l'autre. En bonne pèlerine, j'ai quand même voulu grimper à pieds et pas en funiculaire (trop simple). Ceci dit c'est Mounich en tennis qui a fait le roulé-boulé et pas moi. Aucune justice en ce bas monde.


mes pieds crottés auront eu le mérite de provoquer l'hilarité des Vietnamiens. L'un m'a dit entre 2 éclats de rire « you look like Vietnamese farmer »

Sur le chemin parsemé de pagodes, j'ai enfin compris à quoi servent les faux billets (dollars, dongs...) qu'on voit dans un magasin sur 2 à Hanoï.

en voici une baignoire entière en train de brûler !

Au sommet de la montagne, THE grotte de Huong Tich, point d'orgue du pèlerinage.
Alors là, c'était carrément la cohue. Claustrophobes et ochlophobes s'abstenir. C'est parti pour un grand bain de foule dans la pénombre.

à l'intérieur de la grotte on peut voir l'appareil de Minouch qui essaie (avec succès) de prendre une photo aussi nulle que la mienne.

Je vous rassure, nous avons tout de même pris le téléphérique pour descendre... On avait pas trop le choix vous me direz, sinon on aurait raté la barque et le bus.
Retour sous la pluie également.

Les barques qui transportaient des Vietnamiens étaient beaucoup plus chargées que celles qui transportaient des Occidentaux. Aurait-ce un rapport avec le poids à la pièce?

J'aime beaucoup la touche de couleurs que les parapluies mettent à cette grise photo de notre retour au port.

Revenons-en maintenant au premier verbe du titre de ce post : à Hanoï, qu'est-ce qu'on boit ? De la « bia hoi » à moins de 50 centimes (cf post 73)sur des tabourets en plastique, mais surtout du CAFÉ (enfin... ca phê) digne de ce nom!! Ahhh, qu'est-ce que ça fait du bien d'en avoir du bon après les 2 semaines de Nescafé en Thaïlande  ! Mais attention, cœurs sensibles s'abstenir ! Un vrai café de cow boy, à côté, l'espresso italiano passe pour de la pisse d'âne. C'est tellement épais qu'on dirait un sirop. Moi je l'aime « sua nong », c'est-à-dire chaud avec du lait concentré sucré qu'on te met dans le fond, et c'est à toi de mélanger.



Quand c'est fait dans les règles de l'art, on te le fait sous le nez. Il faut un peu de patience mais ça vaut le coup d'attendre. C'est assez cher (en général aux alentours d'un euro) mais tellement bon...

La Mounich aime tellement ça qu'elle a failli se noyer dedans.

Ceci dit ça arrive parfois de se faire servir de l'infâme Nescafé... rageant.
Avant de partir j'ai fait le plein... j'ai pris le meilleur, celui qui passe par les crottes non pas à papi mais de belette (cf post 74 pour une explication plus détaillée).





Je réitère l'invitation (à laquelle personne n'avait répondu la dernière fois, bande de poltrons culinaires) à prendre un café chez moi... A boNN entendeur !

23 mars 2012

Boire, déboires et manger à Hanoi (partie 1)

Ouf. Les températures remontent lentement mais sûrement, on a de nouveau presque trop chaud (il fait 25 degrés, quoi) bien que le soleil ne daigne pas montrer le bout d'un rayon. Au niveau sonore par contre, absolument rien n'a changé : toujours la même cacophonie qu'il y a 2 ans. Calamité numéro un : les klaxons !!! Les Viets les utilisent à tire-larigot, pour un oui pour un non, souvent pour dire « coucou je suis là » j'ai l'impression... et surtout pour me rendre folle. Non mais on n'a pas idée. La seule fois de ma vie où j'ai utilisé le klaxon, c'est quand j'ai voulu activer les essuie-glaces de la Twing' à Minooch. Il m'arrive souvent de me promener avec des boules Quies en pleine rue pour éviter de taper tout le monde ou de me mettre à hurler ou les 2 (je n'exagère pas, j'ai été plusieurs fois au bord de la crise de nerfs, demandez à la pauvre Mounich)
J'ai beau être déjà venue, pour mes yeux d'Occidentale, la rue est toujours un spectacle vivant que je ne me lasse pas de contempler. La souplesse avec laquelle les motocyclistes zigzaguent entre les piétons (ou le contraire) sans (presque) jamais en toucher un, la ténacité des vendeuses d'ananas ou de beignets, les cargaisons insolites des cyclistes ou motocyclistes... Des télés, des chapeaux,

le magasin entier

des œufs, des bananes, des packs d'eau (au moins 10x6), des arbustes, des congélateurs,

je triche un peu ça c'était à la campagne un peu plus tard

des fleurs,

là aussi, elle trimbale son fond de commerce sur son vélo

une droguerie

des familles entières... la liste est sans fin. Ahurissant. Quand je pense que je n'arrive même pas à tenir l'équilibre avec une personne derrière moi...

Toujours dans la catégorie spectacle mais d'un autre genre, nous avons assisté à celui des marionnettes sur l'eau au « water puppets theater », au nord du lac. Combats de buffles, pêcheurs qui se font pêcher par les poissons... il n'en faut pas plus pour me faire rire aux éclats comme une gosse (que je suis encore). Bref, à conseiller, d'autant plus qu'au niveau esthétique, c'est quelque chose.

malheureusement mes photos n'ont pas donné grand-chose.

En plus, ça ne coûte presque rien (de 2 à 4 euros selon la place).

J'ai déjà publié un post assez exhaustif sur mes découvertes culinaires il y a 2 ans, donc il ne me reste plus qu'à compléter avec le récit de notre nouvelle expérience gustative : nous sommes allées manger du serpent à Le Mat (ça paraît simple à prononcer mais personne ne comprenait quand on disait ça à la française, il fallait montrer le nom sur le guide avec notre gros doigt), qui est censé (d'après le guide) être un village spécialisé dans l'élevage de serpents à la périphérie d’Hanoï (ils fournissent les grands restaurants de la ville). Un village... en fait, c'est plutôt un quartier.
On a cherché le resto conseillé dans le Routard, on a retroussé nos manches et on s'est attablées.
Si on avait fait ça dans les règles de l'art, on aurait choisi notre serpent, joué avec avant, bu son sang et croqué son cœur (cf http://celine.chez.les.viet.over-blog.com/article-le-mat-le-village-des-serpents--40302220.html) avant de se le faire cuisiner mais on s'est dit que un « set menu », ce serait déjà un bon début. Surtout que mauvaise surprise, le prix avait quasiment quintuplé par rapport à ce qui était indiqué dans le routard (presque 15 euros au lieu de 3 et des poussières) , ce que le serveur nous a confirmé. Quand je lui ai demandé why, évidemment son English était no good pour m'expliquer. ARRGGG !
Du coup on n'a pris qu'un menu pour 2... et c'était largement suffisant en fait.
On a eu droit au serpent sous toutes les formes !

En soupe,

en nems, grillé, entouré de feuille de bétel (vous ne connaissiez pas ? Moi non plus. Ici ils appellent ca « là lôt »)


en beignets, avec en bonus la peau grillée

Pas de gaspillage ! Avec la graisse de serpent qui reste, on prépare un riz aux lentilles, parsemé d'oignons grillés.


Verdict : « pas fameux » a écrit la Minooch sur une carte postale sur 2, moi je serai un peu plus positive : ça dépend de la préparation. J'ai adoré les beignets et le riz au gras (de serpent!), moins apprécié la peau grillée : c'est croustillant au début, après ça fait un chewing gum. Au niveau du goût, je suis d'accord avec Mounich pour dire que ça se rapproche du poulet fermier (un peu faisandé, quoi), quant à la consistance, c'est un peu caoutchouteux, comme on peut s'y attendre.
Sur ce... bon dimanche à vous et vos tristes poulets-frites/boeufs bourguignons/blanquettes/gigots!