23 mars 2012

Boire, déboires et manger à Hanoi (partie 1)

Ouf. Les températures remontent lentement mais sûrement, on a de nouveau presque trop chaud (il fait 25 degrés, quoi) bien que le soleil ne daigne pas montrer le bout d'un rayon. Au niveau sonore par contre, absolument rien n'a changé : toujours la même cacophonie qu'il y a 2 ans. Calamité numéro un : les klaxons !!! Les Viets les utilisent à tire-larigot, pour un oui pour un non, souvent pour dire « coucou je suis là » j'ai l'impression... et surtout pour me rendre folle. Non mais on n'a pas idée. La seule fois de ma vie où j'ai utilisé le klaxon, c'est quand j'ai voulu activer les essuie-glaces de la Twing' à Minooch. Il m'arrive souvent de me promener avec des boules Quies en pleine rue pour éviter de taper tout le monde ou de me mettre à hurler ou les 2 (je n'exagère pas, j'ai été plusieurs fois au bord de la crise de nerfs, demandez à la pauvre Mounich)
J'ai beau être déjà venue, pour mes yeux d'Occidentale, la rue est toujours un spectacle vivant que je ne me lasse pas de contempler. La souplesse avec laquelle les motocyclistes zigzaguent entre les piétons (ou le contraire) sans (presque) jamais en toucher un, la ténacité des vendeuses d'ananas ou de beignets, les cargaisons insolites des cyclistes ou motocyclistes... Des télés, des chapeaux,

le magasin entier

des œufs, des bananes, des packs d'eau (au moins 10x6), des arbustes, des congélateurs,

je triche un peu ça c'était à la campagne un peu plus tard

des fleurs,

là aussi, elle trimbale son fond de commerce sur son vélo

une droguerie

des familles entières... la liste est sans fin. Ahurissant. Quand je pense que je n'arrive même pas à tenir l'équilibre avec une personne derrière moi...

Toujours dans la catégorie spectacle mais d'un autre genre, nous avons assisté à celui des marionnettes sur l'eau au « water puppets theater », au nord du lac. Combats de buffles, pêcheurs qui se font pêcher par les poissons... il n'en faut pas plus pour me faire rire aux éclats comme une gosse (que je suis encore). Bref, à conseiller, d'autant plus qu'au niveau esthétique, c'est quelque chose.

malheureusement mes photos n'ont pas donné grand-chose.

En plus, ça ne coûte presque rien (de 2 à 4 euros selon la place).

J'ai déjà publié un post assez exhaustif sur mes découvertes culinaires il y a 2 ans, donc il ne me reste plus qu'à compléter avec le récit de notre nouvelle expérience gustative : nous sommes allées manger du serpent à Le Mat (ça paraît simple à prononcer mais personne ne comprenait quand on disait ça à la française, il fallait montrer le nom sur le guide avec notre gros doigt), qui est censé (d'après le guide) être un village spécialisé dans l'élevage de serpents à la périphérie d’Hanoï (ils fournissent les grands restaurants de la ville). Un village... en fait, c'est plutôt un quartier.
On a cherché le resto conseillé dans le Routard, on a retroussé nos manches et on s'est attablées.
Si on avait fait ça dans les règles de l'art, on aurait choisi notre serpent, joué avec avant, bu son sang et croqué son cœur (cf http://celine.chez.les.viet.over-blog.com/article-le-mat-le-village-des-serpents--40302220.html) avant de se le faire cuisiner mais on s'est dit que un « set menu », ce serait déjà un bon début. Surtout que mauvaise surprise, le prix avait quasiment quintuplé par rapport à ce qui était indiqué dans le routard (presque 15 euros au lieu de 3 et des poussières) , ce que le serveur nous a confirmé. Quand je lui ai demandé why, évidemment son English était no good pour m'expliquer. ARRGGG !
Du coup on n'a pris qu'un menu pour 2... et c'était largement suffisant en fait.
On a eu droit au serpent sous toutes les formes !

En soupe,

en nems, grillé, entouré de feuille de bétel (vous ne connaissiez pas ? Moi non plus. Ici ils appellent ca « là lôt »)


en beignets, avec en bonus la peau grillée

Pas de gaspillage ! Avec la graisse de serpent qui reste, on prépare un riz aux lentilles, parsemé d'oignons grillés.


Verdict : « pas fameux » a écrit la Minooch sur une carte postale sur 2, moi je serai un peu plus positive : ça dépend de la préparation. J'ai adoré les beignets et le riz au gras (de serpent!), moins apprécié la peau grillée : c'est croustillant au début, après ça fait un chewing gum. Au niveau du goût, je suis d'accord avec Mounich pour dire que ça se rapproche du poulet fermier (un peu faisandé, quoi), quant à la consistance, c'est un peu caoutchouteux, comme on peut s'y attendre.
Sur ce... bon dimanche à vous et vos tristes poulets-frites/boeufs bourguignons/blanquettes/gigots!

19 mars 2012

Sur les traces de Papi à la baie d'Along

Comme je l’annonçais dans mon post précédent, c'est en tête-à-tête avec la Nooch-mi que j'amorce la partie vietnamienne du périple.
J'avais gardé de mon premier passage à Hanoï (il y a 2 ans, posts 73-74) des souvenirs torrides et promis à Minouch qu'elle allait suer encore plus qu'à Bangkok. 90% d'humidité, 35 degrés, 10 douches par jour. J'avais oublié un détail (décidément, entre ça et les visas) : c'était en juillet et nous sommes en mars. A l'arrivée ce fut le choc... thermique. Il doit faire 15 degrés à peine, le ciel est tout gris, les gens sont en anorak (n'en feraient-ils pas un peu trop ?), on avait l'air malin avec nos robes légères et nos tongs (et les sacs à dos en plus) (et pour couronner le tout, l'énorme éventail en bois que Sarah m'a refilé)... La repère, comme aurait dit si justement ma chère petite sœur.
Là j'ai superposé tous mes vêtements les plus chauds et j'ai encore froid.
La première chose que nous avons faite en arrivant, c'est de réserver une croisière d'une nuit/2 jours dans la baie d'Along pour une sorte de pèlerinage familial. Papi, qui était petit mousse dans la marine, disait y avoir « posé sa crotte » entre 1946 et 1948 et en parlait encore plus de 40 ans après. J'avais pris ça au pied de la lettre (au sens figuré ça veut dire s'installer, le saviez-vous ?! Moi non) et voulais aller voir si elle y flottait encore (excusez la trivialité de cette blague familiale) (c'est pas ma faute c'est l'hérédité).
Au début on s'est dit que c'était pas gagné vu le brouillard.



On s'attendait davantage à voir surgir le monstre du Loch Ness que la Crotapapi.

mais le ciel s'est heureusement un peu dégagé, nous permettant, non sans émotion, d'accomplir notre mission du haut de l'île Tip Top (ce n'est même pas moi qui ait inventé ce nom débile)

la Minouch scrute l'horizon

Touché coulé ! Je n'ai pas zoomé, je préfère rester dans la suggestion.



La croisière en tant que telle a été très agréable. Un mignon petit bateau relativement luxueux

On a pris un tour relativement cher (une centaine d'euros par personne) car nous savions que « ÿou get what you payed for ». En d'autres termes, formule à 30 euros= rats, bouffe dégueu et normes de sécurité pas forcément respectées.

avec des plantes vertes sur le toit, SVP !

des coéquipiers très sympas (que des anglophones et germanophones, pour le plus grand plaisir de Minouch qui a passé son temps à hocher la tête en souriant et en disant yes yes et sinkiou pour faire croire qu'elle comprenait), un guide très compétent répondant à l'exotique prénom de Nghe (essayez d'imiter un débile mental et vous aurez une chance d'approcher la prononciation correcte) mais se faisant appeler Peter (ce qui, entre nous, ne lui allait pas du tout), et de la très bonne bouffe.
Chaque repas était un festin et une œuvre d'art en même temps.

crabes farcis, crevettes marinées sous un bouquet de fleurs taillées à même le légume, calamars frits à je ne sais quelle épice qui fait toute la différence... et ce n'était que l'entrée !

Sans parler des cocktails :

margarita au fruit de la passion ! (j'insiste sur le singulier) Le barman en vidait un frais dans le verre avant de compléter avec l'alcool.

L'atelier roulage de rouleaux de printemps était inclus dans les prestations (pas cons les cuisiniers, ça leur fait du boulot en moins!). Regardez-moi cet air jubilant. C'est touchant. Comme un enfant de maternelle qui est persuadé qu'il vient de faire un beau dessin mais qu'en fait il est affreux. Meuuuuh oui il est beau ton rouleau Minouchette.

Notez la présence de la fourchette, privilège des handicapés des baguettes (pour rattraper les morceaux -voire la totalité du rouleau- dans le ramequin de sauce)

Dommage que je n'aie pas pu prendre de photo pendant la virée en kayak (vu que j'étais moi-même dedans aussi) entre les rochers. Vous auriez vu son sourire fier et émerveillé de petite fille qui vient d'enlever les roulettes à son vélo... Bon en fait c'est l'Allemand qui faisait tout mais faut pas lui dire.
Pour clore ce post, je ne peux m'empêcher de mettre la photo de ce magnifique lapinou en coquillages qui trônait dans la boutique d'une des îles-promontoire.



Double hommage :
-à Pinou the First, mon lapin à moi impitoyablement transformé en civet par Papi il y a bien 22 ans (j'ai longtemps cru à l'histoire de la chute du clapier mais je ne suis plus dupe)
-à Pinoo the Second qui accompagna bruyamment les années de solitude de Sarah à Saint-Lô et périt il y a peu à la suite d'une longue agonie dont la cause reste inconnue. Pet (de lapin?) à son âme.

17 mars 2012

Ce n'est qu'un au revoir ma sœur, ou clôture du rideau de l'acte 1 du voyage des filles Piq Piq

Comment perdre bêtement un billet d'avion Bangkok-Hanoi qu'on a soigneusement réservé un mois à l'avance et être obligée d'en racheter un pour le lendemain au double du prix ? C'est simple : il suffit de faire comme moi, c'est-à-dire d'oublier qu'un visa est nécessaire pour le Vietnam, et de s'en rendre compte deux jours avant le départ alors que l'ambassade est fermée car c'est le week-end.
Arrrg. Une négligence qui coûte cher, d'autant plus qu'il faut ajouter les frais du visa express...
Au retour de Koh Phayam (bus de nuit Ranong-Bangkok), nous avons donc passé 3 jours à Bangkok au lieu de 2. Nous avons été contentes de retrouver les prix « terrestres (=la moitié voire le tiers des prix insulaires), un peu moins de revenir au bruit et à la pollution.
Le programme fut davantage gastrono-esthétique que culturel. Massages

rien de tel qu'un bon massage des pieds après une nuit en bus presque blanche

manucure,



faudra qu'on m'explique pourquoi un salon de beauté sur 2 s'entête à choisir ce kitchissime tableau de lapinous comme déco murale.

pédicure, coiffeur (pour Sarah), soin du visage (pour la Reum)... on aura presque tout essayé.

une enseigne devant laquelle on ne tergiverse pas. On l'a engloutie tellement vite qu'on n'a pas pris le temps d'immortaliser la belle présentation : dans une coque de noix de coco...

Nous avons quand même visité un peu. Au hasard de nos pérégrinations, nous sommes tombées sur le marché aux amulettes. Des bouddhas, des bouddhas et des bouddhas, ah tiens, un phallus, jusqu'ici, tout va bien, mais le coup des fœtus siamois, on a trouvé ça franchement gore. Je n'ai pas osé les prendre en photo mais par contre j'ai trouvé ça sur internet, c'est exactement ce qu'on a vu.



Et voici les seules explications que j'ai trouvées sur internet,

กุมารทอง or "KUMAN THONG" is a baby spirit.
The first story related to "KUMAN THONG" was found in the Thai book "KHUN CHANG KHUN PAEN" (ขุนช้างขุนแผน). The way to get a "KUMAN THONG" is quite horrible: one must get a dead foetus and burn it in order to obtain a small body. Then dark incantations are cast to insert black magic inside. The "KUMAN THONG" spirit is supposed to warn and protect his owner in case of danger. The owner must also feed and protect it.
Nowadays "KUMAN THONG" are made of wood. It often represents a little child with a hair topcut. If the owner doesn't take care of his "KUMAN THONG", power disappears from the statue.


Dans un registre un peu plus appétissant, nous sommes retournées à Koh Kred, l'île au marché et aux fleurs frites (cf post 99). On y a goûté cette fois-ci (entre autres) une spécialité déconcertante

riz aux glaçons parfumé au jasmin, avec du porc séché, un truc à l'ail et deux autres trucs absolument non identifiés. A défaut d'être vraiment bon, ca avait le mérite d'être original. Et encore, c'est la version soft où le riz n'est pas coloré en bleu ou vert.

Sinon, je sais que les temples, c'est surfait... mais on en a quand même vu un vachement beau, tout recouvert de mosaïques (c'est mon zoom qui était content), le Wat Arun...








mon angle préféré... presque aussi kitch que les lapins.

le petit frère du Wat Arun

son voisin

La larme au coin de l’œil, nous avons mis Sarah dans l'avion du retour (eh oui, il y a des gens qui bossent). Il était temps car la contamination langagière (déjà évoquée précédemment) en était à un stade avancé. Le matin du départ de Sarah, la Nich-moo nous a sorti un « putain il se sont sont fait plaiz cette nuit les stic-mou ! » qui nous a laissées toutes les 2 sur le... postérieur.
En attendant, c'est vrai qu'elles n'y sont pas allées de main morte, ces sales bestioles.

canne de la Mounich recouverte de pustules, elle en a au moins 300 sur tout le corps, mais ce serait plus drôle si ca faisait de grosses plaques rouges...

10 mars 2012

Noix de cajou, mobylettes et crustacés

Voici deux photos qui résument très bien notre semaine à Koh Phayam, petite île très agréable encore assez rurale (même pas de 7/11, z'avez qu'à voir) (la présence de cette supérette est un bon indicateur du degré de développement d'un lieu) au large de Ranong.

Zoomez sur la pancarte posée sur le dos du félin léthargique, sinon la photo n'a aucun intérêt.






comme l'a très justement écrit Nouchmi sur chaque carte postale : « la végétation est luxuriante »

Nous n'avons pas été très actives, c'est le moins qu'on puisse dire. En d'autres ternes: la glande absolue. Le pire, c'est qu'on était quand même fatiguées le soir.
Heureusement que la Mounich était là pour nous fournir au moins une sueur froide dans la semaine. On était en train de se baigner toutes les 3 dans une mer assez agitée(combien de fois sommes-nous tombées dans le creux de ces fourbes de vagues)


mais quand même pas à ce point

quand soudain Sarah et moi nous sommes aperçu qu'elle n'était plus là. Panique pendant 3 bonnes minutes. Je vous passe les détails de la recherche pour vous donner le fin mot de l'histoire : elle était rentrée en trombe au bungalow pour cause de souci gastrique.
Bon, j'exagère, il y a quand même eu un peu d'action. Attention, cramponnez-vous : nous avons loué des mobylettes une journée pour visiter l'île.


Sarah s'est roulée par terre pour avoir la rose ; en tant que sage aînée, j'ai dû céder et prendre la toute moche.


Une chacune car aucune de nous 3 n'est une conductrice assez confirmée pour tenir l'équilibre avec quelqu'un derrière elle (d'ailleurs, la fois où j'ai pris un moto-stoppeur -bah oui, pas de voitures sur l'île- je l'ai fait conduire). A peine les avions nous enfourchées qu'il s'est mis à pisser de flotte, et que j'ai roulé sur mes Ray Ban neuves tombées de ma tête (ne cherchez pas le rapport entre les 2 malheurs, il n'y en a pas). Un peu plus tard, la Minouch nous a fait une panne d'essence en pleine montée (tant qu'à faire). A part ça, pas de problème majeur.
Le coup de cœur de notre exploration a été ce joli petit temple sur l'eau bien kitchounet.



de près on voit qu'il est tout délabré mais de loin il fait encore illusion


Le meilleur c'est le soir au coucher du soleil, quand il s'illumine : une véritable pièce montée.

Pendant toute la durée de notre périple à 2 roues, nous avons slalomé (pas toujours avec succès) entre des fruits bizarres écrasés sur la route. On en entendait souvent tomber avec un lamentable « splash » et c'est un miracle qu'aucune de nous ne s'en soit pris un sur la tête (remarquez, il vaut toujours mieux ça qu'une noix de coco)



Ils sont omniprésents sur l'île et poussent dans des arbres qui, en marchant vite, ressemblent à un figuier. L'odeur du fruit ressemble d'ailleurs à celle de la figue (en moins agréable). Nous avons mis plusieurs jours à percer ce mystère botanique, mais au moins, je n'oublierai jamais que ces arbres n'étaient autres que des anacardiers (kekséksa, je vous entends d'ici), dans lesquels poussent les noix de cajou, au bout de ce fameux fruit suicidaire qui s'appelle pomme de cajou !



Mais n'allez surtout pas vous imaginer qu'il suffit de ramasser la noix par terre, la passer sous l'eau et croquer dedans ! (c'est fortement déconseillé car l'écorce est toxique). Non, il faut d'abord les laisser sécher pendant plusieurs semaines (mois?) au soleil, et après seulement, on peut procéder au
laborieux décorticage. On a vu beaucoup d'autochtones qui semblaient passer leurs journées à ça.
Quand on voit le boulot que ça nécessite, on comprend mieux pourquoi c'est tellement plus cher que les cacahuètes!
Avec les crevettes, ces fameuses noix de cajou sont la ressource principale de l'île (et les Koh Phayamiens des pros du décorticage). Pour le plus grand plaisir de mes papilles, elles agrémentaient un grand nombre de mets : les salades, le poulet (mais ça ce n'est pas qu'à Koh Phayam), les petits gâteaux...


la preuve

On les fait même en shake !

Pour éliminer tout ça, rien de tel qu'un bon jogging pieds nus sur la plage. C'était sans compter sur les crabes qui ont transformé mon activité sportive préférée (enfin... la moins détestée) en massacre de carapaces...et de pieds.



du gore à l'état pur. Quelle idée aussi de passer pile-poil quand je décide de muscler mes cuissots.

Pour ceux qui s'intéressent à notre carapace à nous, nous avons habité 5 jours dans un rustique petit bungalow tout kitch (cet adjectif s'applique à énormément de choses en Thaïlande) mais pas cher et face à la mer sur la Ao Yai, la plus grande plage de l'île.


une enseigne qui ne ment pas (entre les feuilles du yucca on peut deviner le nom « Smile Huts » : rarement vu une mamie aussi enjouée que celle qui tenait cette affaire




le iench aussi semble kiffer le coucher de soleil (Sarah, sors de ce corps) (la contamination lexicale a commencé)




des bernards l'ermite énormes squattaient la plage. L'avantage, c'est qu'ils étaient tellement gros qu'on pouvait aisément les éviter pendant le jogging.

Puis nous avons déménagé dans une « ecolodge »beaucoup plus classe pour les deux derniers jours.



avec plage privée (et pleine de crabes) de laquelle je faisais mon aller-retour à la nage jusqu'au fameux petit temple que vous voyez au loin.

Ça ne sentait pas très bon dans la salle de bains du bungalow, on se disait c'est normal, c'est bio, mais plus le temps avançait, moins c'était soutenable, l'odeur envahissait même la chambre. C'est le dernier jour que, attirée par les mouches qui semblaient sortir de la trousse de toilette de la Mounich, j'ai découvert la Macabre Réalité : juste derrière gisait le cadavre d'un animal en tel état de décomposition qu'il n'était pas identifiable. D'après le gérant, il pourrait s'agir de 2 geckos qui se seraient castagnés à mort.
Bref, on a cohabité 2 jours avec un macchabée (ou 2!). Et la trousse de toilette est à jeter.

03 mars 2012

Koh Phi Phi - Koh Phayam : l'épopée

Comment trouver une place dans un bus(long trajet!) tellement bondé qu'on est serré comme des sardines dans l'allée centrale avec au moins 20 autres personnes et que l'espoir de pouvoir s'asseoir avant le terminus (NB : 3 heures plus tard) est quasiment nul ?
Demandez à Minouch la Futée: il suffit de dire « Je me sens à moitié pas bien j'ai envie de vomir je sens que je vais tomber » et de joindre (« à moitié » heureusement) (en d'autres termes : elle n'a pas vomi) le geste à la parole. On dirait pas comme ça, mais une Mounich inconsciente, ça pèse une vache morte (car évidemment, c'est dans mes maigres bras qu'elle s'est écroulée). J'ai essayé tant bien que mal de la hisser sur le siège voisin qui s'est libéré comme par miracle, avec Sarah qui avec ses bons réflexes d’infirmière me criait « mets-lui les pattes en l'air, mets-lui les pattes en l'air ! » Elle est bien gentille mais dans cet espace surpeuplé (à côté, Tokyo c'est le désert) le mieux que j'ai pu faire c'est de lui surélever les genoux, et encore, ça passait à peine.
Après, il y a vraiment des photos qui se perdent. Imaginez le tableau : Sarah lui tenait la tête, pendant que je lui enfonçais le goulot de la bouteille d'eau dans la bouche (elle ne s'hydrate pas, c'est un pruneau qu'on va ramener au Pounich si ça continue), qu'un bonhomme lui passait sous le nez son baume anti-émétique (ou anti-vomitif pour les non-initiés) à l'eucalyptus et qu'un autre lui faisait de l'air avec mon bouquin qu'il m'avait arraché des mains. Elle les a gratifiés d'un « Sinkiou, sinkiou ! » hébété qui nous a épatées car jusqu'ici, impossible de lui faire sortir autre chose que son « merci » franchouillard. Quand on arrivera au Vietnam, elle commencera à dire « kop kun ka ».
Ce n'est qu'une anecdote du trajet Koh Phi Phi-Ranong, qui fut épique.
Je vous passe les détails,voilà en gros : on s'est bien fait couillonner à la gare routière, où on nous a affirmé qu'il n'y avait pas de bus direct pour Ranong (contrairement à ce qui figurait dans le guide et sur les panneaux) et qu'il fallait changer de bus au bout d'1h30, but no problem, no problem, from there bus to Ranong every 30 minutes ! » Résultat : on a poireauté 5 HEURES dans une minuscule gare routière


même les autochtones du bus ne connaissaient pas le nom

href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhTZG-oZDK6E693Dn9SCB7HlQPy7RCdRqAOktNYLoGhlf9HBPgZnFLjsUY_X7QOxa-YH8hJZQro3x2LuLdoVtpBbv9vDPiV2dkZERfMdtOT5bZk6dUUputiP1d6GffhlJwjx6dI_BwLnUU/s1600/P1030191.JPG"> c'est un doux euphémisme que d'affirmer qu'une certaine lassitude transparaît sur les visages de mes compagnes de voyage.

où Mister vente des tickets de bus semblait prendre un malin plaisir à se fiche de nous. Après nous avoir annoncé (mort de rire) que le prochain bus pour Ranong était 17h seulement (il nous restait 4h30 de trajet), et ignorées par la suite, il a fini par nous lâcher (toujours mort de rire) qu'il arrivait à 19 heures...

voilà à quoi ressemblait l'arrêt de bus au bord d'un champ de bananiers, désolée pour le contre-jour

Le bus tant attendu arrive... et c'est là qu'on s’aperçoit qu'il ne va même pas jusqu'à Ranong mais jusqu'à une bourgade qui n'était même pas dans notre guide (Takua Pa). Nous sommes arrivées au terminus sous une pluie battante à 21h, le dernier bus pour Ranong venait de partir, et il ne nous restait que les yeux pour pleurer. Je suis allée frapper chez les flics pour leur demander où était l'hôtel le plus proche, et ces derniers, charmants, nous y ont conduites en fourgonnette !!
Au moins une chose positive dans la journée. Parce que l'hôtel en question s'est bien sûr avéré être un routier miteux, mais au moins on avait un toit sur la tête.
Le lendemain matin, on a pris le premier bus pour Ranong (ENFIN!!) où la reum a fait sa syncope, et après, tout a été comme sur des roulettes.
Nous voilà maintenant à flemmarder à Koh Phayam, mais je garde les détails et les photos de l'île pour un prochain post.