10 mars 2012

Noix de cajou, mobylettes et crustacés

Voici deux photos qui résument très bien notre semaine à Koh Phayam, petite île très agréable encore assez rurale (même pas de 7/11, z'avez qu'à voir) (la présence de cette supérette est un bon indicateur du degré de développement d'un lieu) au large de Ranong.

Zoomez sur la pancarte posée sur le dos du félin léthargique, sinon la photo n'a aucun intérêt.






comme l'a très justement écrit Nouchmi sur chaque carte postale : « la végétation est luxuriante »

Nous n'avons pas été très actives, c'est le moins qu'on puisse dire. En d'autres ternes: la glande absolue. Le pire, c'est qu'on était quand même fatiguées le soir.
Heureusement que la Mounich était là pour nous fournir au moins une sueur froide dans la semaine. On était en train de se baigner toutes les 3 dans une mer assez agitée(combien de fois sommes-nous tombées dans le creux de ces fourbes de vagues)


mais quand même pas à ce point

quand soudain Sarah et moi nous sommes aperçu qu'elle n'était plus là. Panique pendant 3 bonnes minutes. Je vous passe les détails de la recherche pour vous donner le fin mot de l'histoire : elle était rentrée en trombe au bungalow pour cause de souci gastrique.
Bon, j'exagère, il y a quand même eu un peu d'action. Attention, cramponnez-vous : nous avons loué des mobylettes une journée pour visiter l'île.


Sarah s'est roulée par terre pour avoir la rose ; en tant que sage aînée, j'ai dû céder et prendre la toute moche.


Une chacune car aucune de nous 3 n'est une conductrice assez confirmée pour tenir l'équilibre avec quelqu'un derrière elle (d'ailleurs, la fois où j'ai pris un moto-stoppeur -bah oui, pas de voitures sur l'île- je l'ai fait conduire). A peine les avions nous enfourchées qu'il s'est mis à pisser de flotte, et que j'ai roulé sur mes Ray Ban neuves tombées de ma tête (ne cherchez pas le rapport entre les 2 malheurs, il n'y en a pas). Un peu plus tard, la Minouch nous a fait une panne d'essence en pleine montée (tant qu'à faire). A part ça, pas de problème majeur.
Le coup de cœur de notre exploration a été ce joli petit temple sur l'eau bien kitchounet.



de près on voit qu'il est tout délabré mais de loin il fait encore illusion


Le meilleur c'est le soir au coucher du soleil, quand il s'illumine : une véritable pièce montée.

Pendant toute la durée de notre périple à 2 roues, nous avons slalomé (pas toujours avec succès) entre des fruits bizarres écrasés sur la route. On en entendait souvent tomber avec un lamentable « splash » et c'est un miracle qu'aucune de nous ne s'en soit pris un sur la tête (remarquez, il vaut toujours mieux ça qu'une noix de coco)



Ils sont omniprésents sur l'île et poussent dans des arbres qui, en marchant vite, ressemblent à un figuier. L'odeur du fruit ressemble d'ailleurs à celle de la figue (en moins agréable). Nous avons mis plusieurs jours à percer ce mystère botanique, mais au moins, je n'oublierai jamais que ces arbres n'étaient autres que des anacardiers (kekséksa, je vous entends d'ici), dans lesquels poussent les noix de cajou, au bout de ce fameux fruit suicidaire qui s'appelle pomme de cajou !



Mais n'allez surtout pas vous imaginer qu'il suffit de ramasser la noix par terre, la passer sous l'eau et croquer dedans ! (c'est fortement déconseillé car l'écorce est toxique). Non, il faut d'abord les laisser sécher pendant plusieurs semaines (mois?) au soleil, et après seulement, on peut procéder au
laborieux décorticage. On a vu beaucoup d'autochtones qui semblaient passer leurs journées à ça.
Quand on voit le boulot que ça nécessite, on comprend mieux pourquoi c'est tellement plus cher que les cacahuètes!
Avec les crevettes, ces fameuses noix de cajou sont la ressource principale de l'île (et les Koh Phayamiens des pros du décorticage). Pour le plus grand plaisir de mes papilles, elles agrémentaient un grand nombre de mets : les salades, le poulet (mais ça ce n'est pas qu'à Koh Phayam), les petits gâteaux...


la preuve

On les fait même en shake !

Pour éliminer tout ça, rien de tel qu'un bon jogging pieds nus sur la plage. C'était sans compter sur les crabes qui ont transformé mon activité sportive préférée (enfin... la moins détestée) en massacre de carapaces...et de pieds.



du gore à l'état pur. Quelle idée aussi de passer pile-poil quand je décide de muscler mes cuissots.

Pour ceux qui s'intéressent à notre carapace à nous, nous avons habité 5 jours dans un rustique petit bungalow tout kitch (cet adjectif s'applique à énormément de choses en Thaïlande) mais pas cher et face à la mer sur la Ao Yai, la plus grande plage de l'île.


une enseigne qui ne ment pas (entre les feuilles du yucca on peut deviner le nom « Smile Huts » : rarement vu une mamie aussi enjouée que celle qui tenait cette affaire




le iench aussi semble kiffer le coucher de soleil (Sarah, sors de ce corps) (la contamination lexicale a commencé)




des bernards l'ermite énormes squattaient la plage. L'avantage, c'est qu'ils étaient tellement gros qu'on pouvait aisément les éviter pendant le jogging.

Puis nous avons déménagé dans une « ecolodge »beaucoup plus classe pour les deux derniers jours.



avec plage privée (et pleine de crabes) de laquelle je faisais mon aller-retour à la nage jusqu'au fameux petit temple que vous voyez au loin.

Ça ne sentait pas très bon dans la salle de bains du bungalow, on se disait c'est normal, c'est bio, mais plus le temps avançait, moins c'était soutenable, l'odeur envahissait même la chambre. C'est le dernier jour que, attirée par les mouches qui semblaient sortir de la trousse de toilette de la Mounich, j'ai découvert la Macabre Réalité : juste derrière gisait le cadavre d'un animal en tel état de décomposition qu'il n'était pas identifiable. D'après le gérant, il pourrait s'agir de 2 geckos qui se seraient castagnés à mort.
Bref, on a cohabité 2 jours avec un macchabée (ou 2!). Et la trousse de toilette est à jeter.

03 mars 2012

Koh Phi Phi - Koh Phayam : l'épopée

Comment trouver une place dans un bus(long trajet!) tellement bondé qu'on est serré comme des sardines dans l'allée centrale avec au moins 20 autres personnes et que l'espoir de pouvoir s'asseoir avant le terminus (NB : 3 heures plus tard) est quasiment nul ?
Demandez à Minouch la Futée: il suffit de dire « Je me sens à moitié pas bien j'ai envie de vomir je sens que je vais tomber » et de joindre (« à moitié » heureusement) (en d'autres termes : elle n'a pas vomi) le geste à la parole. On dirait pas comme ça, mais une Mounich inconsciente, ça pèse une vache morte (car évidemment, c'est dans mes maigres bras qu'elle s'est écroulée). J'ai essayé tant bien que mal de la hisser sur le siège voisin qui s'est libéré comme par miracle, avec Sarah qui avec ses bons réflexes d’infirmière me criait « mets-lui les pattes en l'air, mets-lui les pattes en l'air ! » Elle est bien gentille mais dans cet espace surpeuplé (à côté, Tokyo c'est le désert) le mieux que j'ai pu faire c'est de lui surélever les genoux, et encore, ça passait à peine.
Après, il y a vraiment des photos qui se perdent. Imaginez le tableau : Sarah lui tenait la tête, pendant que je lui enfonçais le goulot de la bouteille d'eau dans la bouche (elle ne s'hydrate pas, c'est un pruneau qu'on va ramener au Pounich si ça continue), qu'un bonhomme lui passait sous le nez son baume anti-émétique (ou anti-vomitif pour les non-initiés) à l'eucalyptus et qu'un autre lui faisait de l'air avec mon bouquin qu'il m'avait arraché des mains. Elle les a gratifiés d'un « Sinkiou, sinkiou ! » hébété qui nous a épatées car jusqu'ici, impossible de lui faire sortir autre chose que son « merci » franchouillard. Quand on arrivera au Vietnam, elle commencera à dire « kop kun ka ».
Ce n'est qu'une anecdote du trajet Koh Phi Phi-Ranong, qui fut épique.
Je vous passe les détails,voilà en gros : on s'est bien fait couillonner à la gare routière, où on nous a affirmé qu'il n'y avait pas de bus direct pour Ranong (contrairement à ce qui figurait dans le guide et sur les panneaux) et qu'il fallait changer de bus au bout d'1h30, but no problem, no problem, from there bus to Ranong every 30 minutes ! » Résultat : on a poireauté 5 HEURES dans une minuscule gare routière


même les autochtones du bus ne connaissaient pas le nom

href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhTZG-oZDK6E693Dn9SCB7HlQPy7RCdRqAOktNYLoGhlf9HBPgZnFLjsUY_X7QOxa-YH8hJZQro3x2LuLdoVtpBbv9vDPiV2dkZERfMdtOT5bZk6dUUputiP1d6GffhlJwjx6dI_BwLnUU/s1600/P1030191.JPG"> c'est un doux euphémisme que d'affirmer qu'une certaine lassitude transparaît sur les visages de mes compagnes de voyage.

où Mister vente des tickets de bus semblait prendre un malin plaisir à se fiche de nous. Après nous avoir annoncé (mort de rire) que le prochain bus pour Ranong était 17h seulement (il nous restait 4h30 de trajet), et ignorées par la suite, il a fini par nous lâcher (toujours mort de rire) qu'il arrivait à 19 heures...

voilà à quoi ressemblait l'arrêt de bus au bord d'un champ de bananiers, désolée pour le contre-jour

Le bus tant attendu arrive... et c'est là qu'on s’aperçoit qu'il ne va même pas jusqu'à Ranong mais jusqu'à une bourgade qui n'était même pas dans notre guide (Takua Pa). Nous sommes arrivées au terminus sous une pluie battante à 21h, le dernier bus pour Ranong venait de partir, et il ne nous restait que les yeux pour pleurer. Je suis allée frapper chez les flics pour leur demander où était l'hôtel le plus proche, et ces derniers, charmants, nous y ont conduites en fourgonnette !!
Au moins une chose positive dans la journée. Parce que l'hôtel en question s'est bien sûr avéré être un routier miteux, mais au moins on avait un toit sur la tête.
Le lendemain matin, on a pris le premier bus pour Ranong (ENFIN!!) où la reum a fait sa syncope, et après, tout a été comme sur des roulettes.
Nous voilà maintenant à flemmarder à Koh Phayam, mais je garde les détails et les photos de l'île pour un prochain post.

29 février 2012

Les filles Piq Piq à Koh Phi Phi

Jamais 2 sans 3... pour cette troisième virée en Asie du sud-est, j'ai mis dans mon sac à dos la Mounich et le Rat (pour les non-initiés : ma mère et ma sœur)... La première a été un peu difficile à convaincre («est-ce qu'ils auront du chocolat Poulain pour le petit dej là-bas ? » *), la deuxième beaucoup moins (« cooooool, je pourrai m'acheter plein de fringues pas chèèèères et me faire masser tous les jours ! » **)...
J'ai dû promettre-jurer-cracher que je m'occuperais de tout (sauf des vaccins)... et c'est ce que je fais depuis.
J'ai récupéré tout ce beau monde à la gare du Nord samedi midi,

non sans une pensée émue pour le pauvre Pounich' laissé tout seul à la maison tel un chat pendant les vacances. Tant pis pour lui, l'a qu'à ne pas travailler et aimer la plage.

et n'ai tout d'abord pas compris pourquoi tout le monde se retournait sur notre passage.
En voyant cette photo (prise 20h plus tard à Bangkok), tout est devenu plus clair.

the Tortues Ninja are alive... et vous assurent que le 2e sac à dos devant, c'est achement pratique (et savent qu'elles ont l'air con).

La Mounich pas habituée au port de sac à dos manque de bouler au moins 10 personnes au moindre mouvement, mais c'est de mieux en mieux.
Trajet en avion avec Royal Jordania sans encombre, si ce n'est qu'on a failli rater notre correspondance à Ammam. La première faisait des mots croisés, la deuxième somnolait et la troisième surfait sur internet. Bravo.
Enfin tout est bien qui finit bien puisque nous sommes arrivées à Bangkok épuisées mais vivantes le dimanche en début d'après-midi (cf photo précédente).
« On va aller à Fouquet's ? », s'est enquise la Nouche-Mi qui s'était quand même renseignée sur les îles du sud mais dont la mémoire reste toujours aussi approximative (à notre plus grand plaisir).
Non, à Koh Phi Phi.
Un train de nuit (Bangkok-Surat Thani),



mais... où sont les couchettes?!

contrairement aux apparences, tout cela est convertible en lits relativement confortables.

Un bus, un minibus,

un avant-goût des roches carstiques qui allaient ensuite devenir notre paysage quotidien

un touk touk collectif et une traversée en bateau



plus tard (au total : 21h) , nous arrivions enfin sur l’île censée être la plus belle de la péninsule.
De prime abord, je l'ai surtout trouvée plus chère et plus touristique.
Et puis quand on s'éloigne un peu... c'est vrai que c'est rudement beau. Nous avons longé ce chemin bordé de bougainvillées



tout comme la piscine

vus de loin, le port et la première plage bondée sont beaucoup plus appréciables.



pour rallier la « Long Beach » beaucoup plus calme. Niche-moo (vive la créativité de Sarah en matière de surnoms débiles) s'est aperçue avec étonnement que la marée ça existe ici aussi.
« Ah bon, je croyais que c'était seulement dans la Manche ? ». C'est rafraîchissant.
Tout comme la vieille saucée que nous nous sommes prise sur le chemin du retour.
Nous avons eu beau presser le pas à la vue de ce ciel magnifique mais menaçant,





ça n'a pas suffi. On a dû se réfugier dans le premier resto en front de mer pour manger des fruits de mer grillés. Pauvre de nous.
Et c'est comme ça tous les soirs.

Je laisse à présent Petite Sœur vous livrer ses premières impressions de Pucelle de l'Asie. Elle tient à préciser qu'elle les avait écrites à l'origine pour ses copines et que sinon elle aurait davantage fait attention à son langage (elle est quasi parfaitement bilingue langage caille-ra/français standard, avec par ci par là quelques fuites qui nous font bien rire)

Alooors, je n'ai jamais autant:
- sué (je savais même pas que mon corps pouvait contenir tant d'eau!)
- pris de coup de soleil aussi vite (15mn chrono sur le bateau alors que je m'étais "protégée" -pas assez faut croire!)
- kiffé une douche froide (de toute façon c'est froid y'a pas le choix!)
- pris autant de douches en 24h (5 aujourd'hui)
- mangé aussi bon et épicé! (la cuisine thaï ça vous gagne!!)
- bu d'eau (moi qui n'en bois jamais d'habitude!)
- eu la peau aussi "pommadée" h/24 (entre crème solaire le jour, Biafine entre 2 et baume anti-moustique la nuit)
- kiffé les paysages (rien à voir avec Langrune-city!!)
- vu des cats aussi maigres (et ils ont tous la queue coupée trop chelou!)
- eu les cheveux aussi vite secs en sortant avec la tête dégoulinante (5mn chrono!)
- psychoté autant sur les stic-mou et autres bêtes chelou dont je connais pas le nom ni la dangerosité (vaut peut-être mieux pas d'ailleurs)
- vu autant de boutiques de massages et de tatouage ds la même rue (1er massage dans quelques heures,à 5euros l'heure,et le tatoo sûrement avant de partir le dernier Jour,Je me laisse le temps de réfléchir!)
- eu aussi mal aux jambes (malgré les bas de contention si désagréables,7h dans un avion en classe éco c'est atroce!!)
- vu autant de gens voilés au mètre carré (because escale en Jordanie)
- aussi peu fumé (eh oui! bon je suis pas à 5 clopes par jour non +;)
- vu des bébés et enfants aussi mignoooons (dommage que je puisse pas en ramener un!) Par contre choking ils fument a 5/6 ans quoi ^^
BREF, je suis en Thaïlande !!!!


*Rectification après récrimination : j'exagère. « Je suis capable de m'adapter ! » A propos du Nescafé à l'ersatz de lait en poudre : « Tout compte fait c'est pas si mauvais que ça. »

** Complément: "et me faire faire les ongles"

31 décembre 2011

Mamma j'ai presque raté l'avion, ou comment j'ai failli ne pas arriver à Trapani

Vendredi 30 décembre 2011

Maudite soit l'huile de gentiane. Vous en ignoriez l'existence ? Moi aussi, jusqu'au jour où l'ami Romain m' a annoncé deux jours avant le départ qu'il ne pourrait pas venir avec moi en Sicile parce qu'il avait fait une forte réaction allergique à ce *** d'additif (gonflement, plaques rouges, bref, Quasimodo)
Conseil : avant de boire du vin de noix artisanal chez votre voisin, allez consulter votre allergologue, ça vous évitera de foutre en l'air vos vacances... et les miennes. (sans rancune, Elephant Man)
Après moult tergiversations, j'ai décidé de partir quand même toute seule. Ce n'est pas que ça me faisait peur, mais après presque 5 mois de voyage en solo cette année, je n'avais rien contre le fait d'avoir un peu de compagnie cette fois-ci.
J'aurais mérité une médaille lors de mon arrivée sur le sol sicilien.
La SNCF étant ce qu'elle est, je suis arrivée à Paris avec 1h30 de retard (tout ça pour... un problème de fermeture automatique des portes, cette fois-ci. Ça a le mérite d’être original). Comme toujours, j'avais heureusement prévu large, donc j'ai réussi à choper le bus pour l’aéroport de Beauvais... qui a crevé au milieu du trajet, avant de faire boum contre une voiture téméraire en pleine autoroute (seulement un rétro cassé, ouf, mais un arrêt de plus)...
Malgré l'acharnement du destin, j'ai eu mon navion pour Trapani. Il ne s'est même pas écrasé. Le destin n'est pas conséquent.
A l’arrivée, brutale déconvenue : malgré les palmiers, il ne fait pas plus chaud que chez nous. On se les pèle grave, comme dirait certaine que je ne dénoncerai pas ici.
A part ça, tout va bien. Puisqu'en ce moment, les couch surfeurs ne sont pas chez eux, j'ai trouvé un adorable hôtel en plein centre historique (albergo Messina, pour ceux que ça intéresse) (merci le Routard) Un peu vieillot et plein de caractère comme j'aime.
Le porche et la cour intérieure m'ont conquise d’emblée.

Luminosité de merde mais j'ai pas réussi à faire mieux pour l'instant.


la porte d’entrée au 2e étage de ce beau bâtiment

A la sortie, l’inévitable Padre Pio vous souhaite bonne route.


Je ne le connaissais pas avant de venir en Italie où il est omniprésent. Pour ceux qui ne savent pas : il a été canonisé après s’être réveillé avec des stigmates, au début du siècle...

J'ai passé la journée à arpenter les rues et le lungomare entre 2 averses, pendant lesquelles je me réfugiais dans un café qui propose le wifi.

Verdict : encore une ville très sympathique. Petit diaporama.
Voici la piazzetta Nettuno avant la première averse.



Dans la via Garibaldi,


au bout de laquelle on a vue sur les collines

et sur un joli sapin

j'ai bien fait de m'aventurer sous ce porche avenant :



un sympathique jeune homme m'a fait visiter une magnifique bibliothèque.

La même rue sous la pluie (à droite) :



tout à gauche, les arcades qui abritaient l'ancien marché aux poissons

Sans oublier le lungomare et sa plage d'algues fines (à défaut de sable)

d'un côté

de l'autre

Je sens que certains piaffent en se demandant si la rubrique culinaire va bientôt arriver. Voici mon couscous de ce soir. Eh oui, on sent vraiment l'influence de l'Afrique du Nord au niveau culinaire. Tous les restaus proposent du couscous de poisson.

j'ai opté pour celui aux légumes parce que je n'avais plus du tout envie de poisson après mes calamars farcis du midi (dont la photo n'a pas rendu du tout). Semoule extrafine comme on l'aime.

J'ai terminé la soirée au cinéma qui proposait un seul film, italien bien sûr.
L'affiche tient ses promesses :



j'ai rarement vu un tel navet. Mais au moins, j'ai à peu près tout compris et j'avais pas mal au crâne en sortant.
Je n'en attendais pas plus.

Quant à ceux qui attendent toujours les derniers posts de mon voyage de septembre en Italie du Sud... patience, ils pourraient venir... ça dépendra de mon degré de désœuvrement ces prochains jours.

Samedi 31, midi

(…) Vous risquez de devoir attendre car je viens d'apprendre que je peux m'incruster ce soir chez un restaurateur à Marsala !!!
Vive le couch surfing.

22 septembre 2011

136. Les cabris c'est fini, et Bari c'est joli

Après 12 jours de bons et loyaux services à la fromagerie calabraise, il était temps de mettre les voiles si je voulais encore fait le petit rote-tripes que j'avais prévu dans les Pouilles avant de reprendre mon avion. Non mais franchement, je me demande qui est le terminologue italophobe qui a traduit ce nom de région. Si mélodieux en Italien (Puglia, avec un « l mouillé »), et si... crasseux dans notre pas toujours si belle langue.
Première étape: Bari. Le destin est un cruel petit plaisantin: devinez à quelle heure partait le seul et unique bus de la journée? A 5h25... du matin, comme s'il avait lui aussi du fromage à faire. Le pire, c'est que j'ai failli le rater car il est parti 5mn en avance. Il n'aurait plus manqué que je me sois levée pour rien...
J'ai été récompensée de mon sacrifice par un magnifique lever de soleil sur la mer ionienne.


en direct du bus


quelques minutes plus tard...

Vous n'allez pas me croire, mais c'était mon premier (sur la mer, en tout cas). Les couchers de soleil, j'en avais presque fait une over-dose pendant mon voyage en Asie, mais dans l'autre sens, c'est pas mal non plus... voire encore mieux.
Arrivée à 9h30 à Bari, j'ai eu la journée entière pour découvrir la ville que les Calabrais, mauvaises langues, m'avaient décrite comme absolument indigne d'une visite (en un mot: moche). J'ai bien fait de ne pas les écouter: je suis tombée sous le charme.
J'ai arpenté les ruelles de la vieille ville sous une chaleur de plomb qui m'a à peine dérangée: mes 4 mois d'Asie en saison humide m'ont immunisée. Qu'est-ce qu'une chaleur sèche après ça! A la ferme tout le monde se lamentait « che calore, je meurs! » et moi: « ah bon, il fait chaud? ». Et puis qui dit chaleur dit en général ciel bleu azur: je crois que j'ai vu la ville sous son plus beau jour, j'en ai épuisé la batterie de mon appareil photo, pire qu'une Japonaise devant la Tour Eiffel. Par quoi commencer?
L'arrivée. C'est vrai que la partie nouvelle de la ville n'a rien de spécial, mais c'est la civilisation et après 2 semaines de vie villageoise voire campagnarde, ça fait du bien de la retrouver. Enfin des magasins dignes de ce nom.



arborer un sac à l'effigie de l'un des 7 nains est du dernier chic


Et puis une ville côtière sous le soleil, ça ne peut pas être complètement moche.





Donc, ce centre historique... Inutile de préciser que les Vespa et le linge suspendu y pullulent,



qu'il regorge de charmantes petites cours intérieures,



et qu'on y trouve ces petits magasins dont seule la contemplation de la vitrine vous met l'eau à la bouche.



Mais il y règne une atmosphère de grande ville bien particulière. Difficile à décrire.
Je ne sais pas si les fausses feuilles qui habillent certains balcons


Notez que la plupart des Vespa sont dotées d'une vitre protège-insectes (et vent?)




dégagent des vapeurs hallucinogènes, mais j'ai vu la Vierge, et pas qu'une seule fois. Elle vous attend au fond d'une ruelle,



vous observe du haut d'un mur,



vous guette sous des arcades...




vous surprend quand vous avez l'audace de passer la tête par une porte cochère...




Bref, elle est PARTOUT.
Je me demande si la femme aux orecchiette (littéralement: petites oreilles) ne serait pas elle aussi une de ses incarnations... Sa présence, par contre, est plus localisée, concentrée sur 2 ou 3 rues.
Assise sur une chaise, elle pétrit de la pâte à pâtes (??!) (trouvez-moi une meilleure expression) qu'elle étire en longs et fins boudins.



Elle les tranche ensuite avec son couteau avant de leur donner, en un coup de main, la forme de petites oreilles.
Un petit coup de séchage au soleil,


quelques minutes de cuisson, et hop, elles atterrissent dans mon assiette


Très bon bien sûr mais pas grande différence au goût avec des pâtes normales.


Magique.

Suite au prochain épisode... (avant Noël, c'est promis) (c'est que ça prend du temps de trier les photos) (et surtout que je suis une grosse feignasse, d'accord)